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À Guitrancourt, EMTA va stocker plus de déchets dangereux et les stabiliser sur place

EMTA pourra stocker 250 000 tonnes de déchets dangereux par an en moyenne et stabiliser sur place une partie des flux jusqu’ici traités à Limay.

Illustration - Site industriel de Guitrancourt

À Guitrancourt, le site EMTA pourra désormais stocker en moyenne 250 000 tonnes de déchets dangereux par an, contre 200 000 jusqu’ici. Le préfet des Yvelines a également autorisé une unité provisoire capable de stabiliser 50 000 tonnes par an. Le projet ne prévoit ni extension de l’emprise du site, ni prolongation de son exploitation au-delà de l’échéance actuelle de 2040.

Les deux chiffres ne désignent pas la même chose. Le premier concerne les déchets dangereux enfouis à Guitrancourt. Le second ajoute une étape de traitement avant cet enfouissement. Certains déchets doivent en effet être mélangés à des réactifs et des liants pour limiter la mobilité de leurs polluants au contact de l’eau. Jusqu’à présent, une partie de cette stabilisation était réalisée à Limay avant que les déchets ne rejoignent Guitrancourt.

C’est cette chaîne industrielle qui explique une bonne partie de la décision. Le dossier soumis à consultation indique que l’unité de Limay arrive à saturation et ne peut absorber la hausse des flux à stabiliser, notamment des résidus provenant de l’épuration des fumées de chaudières biomasse, d’installations utilisant des combustibles solides de récupération ou du recyclage des batteries. Guitrancourt pourra donc désormais traiter sur place une partie de déchets qu’il recevait déjà après leur passage par Limay.

Cette spécialisation fonctionne à l’échelle interrégionale. En 2022, 760 592 tonnes de déchets dangereux ont été collectées en Île-de-France. Plus de 330 000 tonnes sont parties vers des installations situées hors de la région, tandis que les sites franciliens ont eux-mêmes accueilli près de 318 000 tonnes venues d’ailleurs. L’ORDIF y voit une mutualisation entre régions de filières très spécialisées, plutôt qu’un système où chaque territoire traiterait uniquement ses propres déchets.

À Guitrancourt, cela signifie davantage de déchets dangereux stockés et l’ajout d’une activité de stabilisation sur le même site. En janvier, le conseil municipal d’Issou a voté à l’unanimité contre le projet, en invoquant notamment le trafic attendu, les nuisances et un manque de concertation en amont.

La nouvelle unité fait aussi passer EMTA au régime Seveso seuil haut. Le ministère de la Transition écologique avait indiqué pendant l’instruction que ce classement ferait du site un établissement prioritaire pour l’inspection, avec des contrôles plus fréquents. La préfecture annonce en parallèle des prescriptions renforcées concernant notamment les odeurs, le biogaz et la prévention des risques.

La décision concentre donc davantage de stockage et une étape supplémentaire de traitement à Guitrancourt, sans extension du site et avec la même échéance de 2040.

Sources consultées
  1. Préfecture des YvelinesGuitrancourt : Hausse des capacités de traitement et création d'une usine de traitement des déchets
  2. Registre NumériqueProjet de modifications d’activités de l’installation de stockage de déchets de Guitrancourt
  3. Consultation publique EMTACompte rendu de la réunion publique d’information et d’échanges du 9 février 2026
  4. ORDIFDéchets dangereux : des chiffres stables
  5. Assemblée nationaleQuestion n°12494 : Préoccupations concernant le projet EMTA à Guitrancourt