
Le chantier de désamiantage de deux bâtiments, rue de l’Amandier à Vernouillet, est suspendu depuis le 18 juillet à 15 h 30. Alerté par des riverains sur la manière dont des façades étaient déposées, le maire Pascal Collado a interdit toute opération susceptible de manipuler, déplacer ou dégrader des matériaux contenant de l’amiante.
L’arrêt intervient au milieu d’un chantier commencé début juin et prévu pour durer cinq mois. Trois jours auparavant, dans une lettre aux habitants, Aliaxis Research & Technology avait présenté les précautions annoncées : dépose manuelle des éléments de façade, double emballage des déchets amiantés, suivi jusqu’à un centre agréé et utilisation de brumisateurs pendant la démolition.
Sur le papier, le dispositif était donc décrit. Sur le terrain, la commune estime qu’il n’a pas été correctement appliqué. Son arrêté s’appuie sur des visites municipales réalisées les 13, 15 et 17 juillet ainsi que sur les signalements reçus. Le Parisien rapporte que des riverains ont vu des ouvriers jeter des éléments de façade depuis les étages alors qu’ils travaillaient sur une nacelle.
Aucune contamination des alentours n’a été rendue publique dans les éléments disponibles. L’arrêté municipal repose sur un risque que la commune considère ne pas pouvoir exclure, et non sur une mesure démontrant la présence de fibres dans le quartier. Ce doute suffit à justifier une interruption préventive des opérations concernées.
Le cas de Vernouillet montre la limite d’un contrôle uniquement documentaire. Avant un retrait d’amiante, l’employeur doit établir un plan précisant notamment les quantités concernées, les méthodes utilisées, les mesures d’empoussièrement, la protection des travailleurs et du voisinage, la décontamination ainsi que l’évacuation des déchets. Mais l’existence de ce plan ne garantit pas que chaque panneau sera démonté, emballé et transporté comme prévu.
Avant toute reprise, la commune exige un contrôle indépendant, les justificatifs des mesures prises contre la dispersion des fibres, l’ensemble des bordereaux de suivi des déchets amiantés et des analyses de la qualité de l’air. Le périmètre doit rester sécurisé et les matériaux maintenus dans des conditions protectrices pendant l’interruption.
Ces justificatifs devront permettre d’établir que le chantier peut continuer sans mettre en danger les salariés ni les habitants voisins. Le coût des contrôles et les conséquences de l’arrêt sur le calendrier n’ont pas été rendus publics. Rue de l’Amandier, les deux bâtiments resteront suspendus à leur production et à la levée de l’arrêté municipal.
Sources consultées
- Ville de VernouilletTravaux démolition Aliaxis – interruption de chantier
- Ville de VernouilletArrêté municipal n° 2026-010 portant suspension temporaire des travaux
- Aliaxis Research & TechnologyLettre d’information – chantier de démolition du 1, rue de l’Amandier
- LégifranceArticle R4412-133 du Code du travail
- Le Parisien« L’entreprise n’a pas respecté les protocoles » : un chantier de désamiantage stoppé en catastrophe dans les Yvelines