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Une mère donne son utérus à sa fille : une quatrième naissance française

À l’Hôpital Foch, l’équipe dirigée par un professeur de l’UVSQ confirme qu’une greffe d’utérus peut conduire plusieurs fois à une naissance.

Greffe d’utérus et naissance

Océane a porté Louisa dans l’utérus que sa propre mère lui avait donné. Née à l’Hôpital Foch de Suresnes après huit mois de grossesse, la petite fille est le quatrième bébé français issu d’une greffe d’utérus. Sa mère, atteinte du syndrome MRKH et née sans utérus fonctionnel, avait été transplantée en octobre 2023.

L’opération et l’accouchement ont eu lieu dans les Hauts-de-Seine. Le lien avec les Yvelines passe par Jean-Marc Ayoubi, chef du service de gynécologie-obstétrique de Foch et professeur à l’UFR Simone Veil-Santé de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. L’UVSQ rattache cette naissance à plus de quinze ans de recherche menée avec l’équipe de Mats Brännström, à Göteborg, pionnière de la discipline. Selon l’université, plus de vingt chercheurs ont participé au programme français.

La greffe d’utérus ne consiste pas simplement à remplacer un organe absent. La donneuse, ici la mère d’Océane, subit une intervention complexe alors qu’elle est en bonne santé. Chez la receveuse, il faut raccorder les vaisseaux, maîtriser le risque de rejet et maintenir un traitement immunosuppresseur. La conception passe par une fécondation in vitro, puis par le transfert d’un embryon dans l’utérus greffé.

Le greffon n’est pas destiné à rester toute la vie. Après une ou deux grossesses, il peut être retiré afin d’arrêter le traitement antirejet. Cette transplantation temporaire offre ainsi la possibilité de porter un enfant à certaines femmes privées d’utérus fonctionnel, mais au prix de plusieurs opérations et d’une grossesse particulièrement surveillée. Le protocole de Foch évalue aussi les conséquences physiques et psychologiques pour les donneuses vivantes.

Cette quatrième naissance compte moins comme une nouvelle première que comme la confirmation d’un savoir-faire. Selon l’UVSQ, quatre des dix greffes autorisées à Foch ont été menées avec succès et une cinquième est en préparation. Une greffe peut fonctionner sans avoir encore conduit à une grossesse, et toutes les grossesses n’aboutissent pas à une naissance.

Le registre international publié en 2026 rassemble 91 transplantations réalisées jusqu’à la fin de 2024, avec 44 enfants nés. Environ trois greffons sur quatre étaient encore viables douze mois après l’intervention. Les naissances survenaient en moyenne avant 35 semaines de grossesse et la prééclampsie restait fréquente. La greffe d’utérus produit donc des résultats reproductibles, mais demeure concentrée dans quelques équipes et exposée à des complications importantes.

Dans les Yvelines, le rôle documenté est universitaire et scientifique. L’UVSQ et Foch ont créé une chaire consacrée aux transplantations, dont le volet utérin associe l’équipe Gamètes, implantation, gestation de l’université. Le communiqué sur Louisa ne précise pas le rôle joué par cette unité dans son parcours. Le lien avec les Yvelines se trouve dans cette recherche et cette formation à l’UFR Simone Veil-Santé, pas dans le bloc opératoire, situé à Suresnes.

Sources consultées
  1. Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines4e bébé issu d’une greffe d’utérus en France
  2. ClinicalTrials.govFeasibility Study of Uterine Transplantation From Living Donors in Terms of Efficacy and Safety in Patients With MRKH
  3. Journal of Clinical MedicineUterus Transplantation with Live Donors: Screening Candidates in One French Center
  4. Human ReproductionSecond report of registry of the International Society of Uterus Transplantation
  5. Université de Versailles Saint-Quentin-en-YvelinesRecherche médicale : lancement d’une chaire universitaire de transplantation