
Dans la zone d’activités Trappes-Élancourt, les anciennes emprises de Stellantis et d’Iveco pourraient accueillir un campus de deux ou trois centres de données. Goodman prévoit 33 928 m² de salles informatiques sur 15,5 hectares, pour une puissance recherchée de 300 mégawatts. Saint-Quentin-en-Yvelines consulte le public jusqu’au 1er septembre. À ce stade, il ne s’agit pas d’autoriser les travaux, mais de modifier le PLUi afin que le projet puisse poursuivre son parcours réglementaire.
Le terrain avait d’abord été réuni pour une éventuelle relocalisation d’Hachette Livre, alors implanté à Maurepas-Coignières. Après l’abandon de cette opération, le Département et l’Établissement public foncier d’Île-de-France ont lancé une consultation en décembre 2024. Goodman a été retenu parmi quatre propositions. Le projet réemploierait un vaste site déjà urbanisé, plutôt que des terres agricoles ou naturelles.
Au 7 rue Albert-Einstein, un bâtiment administratif en béton et en verre est protégé par le PLUi depuis 2017 pour son architecture typique de la ville nouvelle. Ses lignes verticales et ses ouvertures en retrait le distinguent dans la zone industrielle. Selon le dossier de concertation, sa conservation retrancherait trop de terrain au campus. La première modification envisagée consiste donc à lever cette protection et à permettre sa démolition.
La seconde concerne les installations classées pour la protection de l’environnement. Avec la puissance prévue, le campus relèverait du régime de l’autorisation. Le règlement du PLUi permet déjà une installation classée lorsqu’une déclaration de projet en démontre l’intérêt général. La mise en compatibilité proposée inscrirait sur le plan de zonage la prescription permettant d’appliquer cette dérogation au site, tout en maintenant les exigences relatives aux risques, aux nuisances et à la proximité des logements. Cette procédure d’urbanisme détermine ainsi l’activité industrielle que le territoire accepte d’installer sur cette friche.
Les 300 MW donnent à cet arbitrage une tout autre échelle. L’Institut Paris Region observe que les nouveaux projets franciliens mobilisent fréquemment entre 50 et 100 MW. Selon RTE, la majorité des demandes françaises se situe entre 100 et 200 MW. Trappes se placerait donc nettement au-dessus du format courant. Cette puissance désigne toutefois une capacité de raccordement, non une consommation atteinte dès l’ouverture : les opérateurs comptent généralement dix à quinze ans pour utiliser environ 80 % de la puissance demandée.
Les bénéfices avancés pour Trappes sont encore ceux du dossier de projet. Celui-ci estime la création à terme de 200 emplois directs et 400 indirects. Il annonce aussi des travaux de renforcement du réseau et d’extension du poste électrique d’Élancourt, ainsi qu’un bâtiment équipé de pompes à chaleur qui pourrait alimenter le futur réseau de chauffage urbain de Trappes. Des échanges techniques ont commencé avec la mairie, mais aucune connexion au futur réseau de chaleur n’est encore acquise. Le coût et le calendrier des travaux électriques ne sont pas publics.
Les habitants peuvent consulter le dossier en mairie de Trappes ou à l’hôtel d’agglomération et adresser leurs observations à l’adresse dédiée. Une enquête publique est annoncée pour début 2027. D’ici là, la première décision porte sur deux éléments bien matériels de la rue Albert-Einstein : la protection d’un bâtiment des années 1970 et la possibilité réglementaire d’installer à sa place une infrastructure électrique et numérique de 300 MW.
Sources consultées
- Saint-Quentin-en-YvelinesLe PLU intercommunal, concertation sur la zone d’activité de Trappes-Élancourt
- Saint-Quentin-en-YvelinesNotice justificative et démontrant le caractère d’intérêt général du projet
- Saint-Quentin-en-YvelinesDélibération DEL-2026-241 relative à la mise en compatibilité du PLUi
- RTELes data centers en chiffres clés
- Institut Paris RegionObservatoire des data centers en Île-de-France