
La délégation yvelinoise de l’Agence régionale de santé a lancé le 8 juillet, à la préfecture, un plan départemental de santé mentale. Trois priorités sont affichées : mieux coordonner les acteurs, développer la prévention et les formations, puis rendre l’offre plus facile à trouver pour les habitants comme pour les professionnels.
Repérer qu’un adolescent, un collègue ou un proche va mal ne garantit ni un interlocuteur disponible, ni un accès rapide aux soins. Il faut encore savoir qui appeler, vers quelle structure orienter la personne et qui s’assurera que le relais a bien été pris. Dans les Yvelines, ce parcours associe les hôpitaux, les médecins, les services sociaux, l’Éducation nationale, les collectivités et les associations. La politique territoriale est déjà répartie entre deux projets de santé mentale distincts, l’un au nord et l’autre au sud du département.
Dans les Yvelines Nord, le contrat territorial conclu pour la période 2021-2026 prévoyait déjà le déploiement des premiers secours en santé mentale, des programmes dans les établissements scolaires, deux consultations rapides de crise pour les 12-18 ans et un renforcement des soins à domicile. Il réunissait l’ARS, les principaux hôpitaux du nord du département, des professionnels de ville et des associations.
L’apport annoncé en juillet tient surtout à une coordination départementale et à une meilleure visibilité de cette offre dispersée. L’ARS prévoit notamment, à Mantes-la-Jolie et Saint-Germain-en-Laye, une expérimentation liée aux premiers secours en santé mentale des adolescents, ainsi que la poursuite des programmes consacrés aux compétences psychosociales et à la prévention du suicide.
Le public exact de cette expérimentation reste indéterminé. PSSM France propose d’un côté une formation destinée aux adultes qui vivent ou travaillent avec des adolescents, de l’autre un module qui sensibilise directement les collégiens et lycéens. L’annonce yvelinoise ne précise pas encore qui sera formé, combien de participants seront concernés ni dans quels établissements.
Former davantage de personnes au repérage est utile si une orientation claire et un relais disponible suivent l’alerte. Le plan reconnaît ce besoin en plaçant les parcours et la lisibilité de l’offre parmi ses trois axes. Aucun budget, calendrier détaillé ou objectif chiffré n’a toutefois été rendu public.
À ce stade, il s’agit donc d’un plan de coordination plutôt que d’une augmentation annoncée des capacités de soins. Le choix est cohérent dans un département où plusieurs réseaux travaillent déjà sur les mêmes parcours sans toujours partager le même territoire ni la même porte d’entrée. Son utilité se mesurera au passage entre l’alerte et la prise en charge : après un signalement dans un collège, une famille ou un cabinet médical, quelqu’un sait-il où orienter la personne et qui doit prendre le relais ? L’ARS a choisi Mantes-la-Jolie et Saint-Germain-en-Laye pour les premières expérimentations annoncées.
Sources consultées
- Délégation départementale des Yvelines, ARS Île-de-FranceLancement du Plan Santé Mentale des Yvelines : renforcer la prévention et l’action collective
- Agence régionale de santé Île-de-FranceProjets territoriaux de santé mentale
- Agence régionale de santé Île-de-FranceSanté mentale en Île-de-France : décliner les actions au plus près des territoires
- Communauté territoriale de santé mentale 78 NordLe PTSM 78 Nord, où en est-on ?
- PSSM FranceAider les jeunes en détresse : une formation pour mieux les accompagner
- PSSM FranceModule PSSM Ados : un premier bilan encourageant pour la santé mentale des jeunes