
Une souche couverte de mousse, une caméra laissée en place pendant plusieurs semaines. Dans une forêt de la vallée de Chevreuse, ce dispositif a transformé un morceau de bois apparemment banal en carrefour animal.
Les images réalisées par Nicolas Dubois montrent un renard, des sangliers, des chevreuils et des brocards. Une martre, des écureuils et d’autres petits mammifères passent aussi dans le cadre. Puis viennent les oiseaux: une chouette hulotte, un épervier d’Europe, un geai des chênes et plusieurs espèces de pics. Tous utilisent le même point de forêt.
Ces images ne doivent pas tout à la patience de la caméra. Nicolas Dubois est ingénieur agronome de formation, spécialisé en écologie, avant d’être photographe et vidéaste. Il repère ce que le promeneur remarque rarement: une trace, un relief, un passage répété dans la végétation.
Dans un précédent épisode de « Pause Nature », il suivait ainsi une « coulée », l’un de ces chemins discrets dessinés par les déplacements réguliers des animaux, pour y installer une caméra à détection de mouvement. La souche observée cet été relève du même savoir-faire: trouver l’endroit où la forêt laisse deviner ses habitudes.
La forêt se trouve à quelques centaines de mètres des habitations. Elle appartient au même paysage que les maisons, les routes et les chemins de promenade de la vallée. La plupart du temps, cette proximité reste invisible.
Une caméra isolée ne mesure pas l’évolution des populations. Elle montre toutefois qu’un même recoin est fréquenté par des espèces très différentes. La souche sert tour à tour de perchoir, de poste d’observation, d’obstacle ou de simple étape sur un itinéraire que les humains ne voient pas.
Dans les images de Nicolas Dubois, l’épervier se pose sur la mousse. Quelques heures auparavant, un mammifère traversait exactement le même cadre.