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À Poissy, Rouget-de-Lisle garde ses pompes sous ses rues

Poissy relance pour six ans l’exploitation d’une barrière hydraulique contre des solvants chlorés en amont de Rouget-de-Lisle.

Pompes et nappe à Poissy

À Poissy, l’écoquartier Rouget-de-Lisle avance aussi sous terre. La Ville lance un marché de six ans pour exploiter une barrière hydraulique, pomper et traiter des solvants chlorés, surveiller les eaux souterraines et tester des traitements directement dans la nappe.

Le marché vise la pollution de la nappe par des COHV, des composés organiques halogénés volatils, en amont hydraulique de la ZAC Rouget-de-Lisle. Les offres sont attendues jusqu’au 28 août 2026. Le contrat sera financé sur le budget communal, avec des prix unitaires appliqués aux quantités réellement exécutées. Autrement dit, Poissy n’achète pas un ouvrage symbolique, mais des années de mesures, de pompage, de traitement et d’ajustements. Le montant prévisionnel n’est pas publié dans l’avis.

La barrière n’apparaît pas aujourd’hui. Un précédent marché, attribué en 2021 à Ortec Générale de dépollution pour sa mise en place en amont de la ZAC, avait été prolongé jusqu’au 7 octobre 2025 afin de déterminer l’origine de la pollution et de rechercher une solution permettant de s’en passer. Dans son magazine municipal, la Ville indiquait en 2023 qu’une barrière hydraulique avait été installée rue Saint-Sébastien en 2022, avec une baisse régulière des concentrations en solvants chlorés et 166 kg de polluants extraits.

Le nouveau marché donne donc une information simple: le sujet n’est pas clos. Il ne se résume pas non plus à maintenir une pompe en marche. L’appel d’offres inclut des essais en laboratoire, un pilote de terrain et du traitement in situ. La commune cherche encore à maîtriser ce qui circule dans la nappe, tout en continuant à empêcher le panache pollué de se déplacer librement.

Rouget-de-Lisle concentre tout ce qui rend ces opérations à la fois séduisantes et contraignantes: environ 11 hectares d’anciennes friches industrielles et ferroviaires, près du centre-ville et de la gare, appelés à accueillir environ 2 200 logements, des équipements, des activités et un parc paysager de 1,7 hectare. Recycler une friche bien placée évite d’étaler la ville ailleurs. Mais l’ancien sol ne devient pas neutre parce qu’un quartier neuf prend forme au-dessus.

Dès 2018, l’autorité environnementale avait pointé la pollution du milieu souterrain comme l’un des grands sujets de vigilance. Elle relevait des eaux souterraines impactées par des COHV et d’autres composés, une origine de pollution encore mal définie, possiblement hors de l’emprise de la ZAC, et une nappe alluviale peu profonde, à 6 ou 8 mètres, vulnérable en l’absence de couche imperméable. La proximité de la Seine, à environ 700 mètres, renforçait aussi l’attention portée aux circulations d’eau.

C’est la face moins photogénique de la ville sur friche. Les logements, les arbres et les cheminements doux se voient. Les piézomètres, les débits, les analyses et les eaux traitées restent dans les dossiers, les regards techniques et les marchés publics. Ils font pourtant partie du même quartier. À Rouget-de-Lisle, habiter près de la gare suppose aussi de garder, pendant encore plusieurs années, une infrastructure de dépollution sous surveillance.

Sources consultées
  1. BOAMP, via France MarchésAvis n°26-67083 du 06/07/2026, exploitation d’une barrière hydraulique, pompage et traitement de COHV
  2. Ville de PoissyDécision du maire n°1025 du 18 décembre 2024
  3. MRAe Île-de-FranceAvis du 3 août 2018 sur le projet de ZAC EOLES, quartier Rouget-de-Lisle à Poissy
  4. Plateforme officielle ÉcoQuartierÉcoquartier Rouget de Lisle
  5. Ville de Poissy, magazine municipal #Poissy#Poissy n°242