À Mantes-la-Jolie, les Dragon Ladies ont leur rendez-vous du samedi sur la Seine. Ces femmes touchées par un cancer du sein, en traitement ou en rémission, pagaient avec l’AS Mantaise Canoë-Kayak dans un dragon boat, une longue embarcation où l’on avance au rythme du groupe.
La section canoë-kayak est installée à la base Patrick-Forêt, sur l’Île de Limay, dans un bras de Seine où les péniches ne passent pas. Le club y décrit un cadre calme, avec des bateaux stables pour débuter et du matériel de compétition pour d’autres pratiques. Pour les Dragon Ladies, ce calme donne au sport-santé une forme très locale : pas une salle de soin, pas une affiche de campagne, mais une berge, un bateau, des pagaies et un rendez-vous qui revient.
L’équipage existe au sein de l’AS Mantaise depuis septembre 2019. Le club indique qu’il s’adresse aux femmes ayant eu ou ayant un cancer du sein, avec un encadrement par ses dirigeants et un médecin référent. En 2026, l’activité est toujours active : l’AS Mantaise Canoë-Kayak affiche une adhésion Dragon Ladies 2026, et le Paris-Versailles-Mantes à la marche présente le projet de participation de l’équipage à la Vogalonga de Venise, avec un objectif de 5 000 euros pour financer matériel, déplacement et hébergement.
Le dragon boat s’est imposé dans plusieurs clubs comme une pratique adaptée après un cancer du sein. La Fédération française de canoë-kayak rappelle que les équipages de Dragon Ladies se développent en France depuis les années 2000 et qu’ils sont aujourd’hui près de cinquante. L’intérêt tient autant au geste qu’au bateau : le mouvement mobilise le haut du corps, l’effort reste modéré, et personne ne rame seule dans son coin.
À Mantes, cette histoire nationale prend une taille ordinaire et précieuse. Le club apporte l’eau, les bateaux, l’encadrement, la régularité. La pratique répond à un besoin que les sources décrivent clairement : reprendre une activité physique, sortir de l’isolement et retrouver une place dans un groupe.
Le projet de Venise donne une ligne d’horizon. Mais l’essentiel se joue avant le voyage, sur ce bras tranquille de Seine, quand l’équipage se remet en mouvement à l’Île de Limay, pagaie après pagaie.