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À Trappes, le sursis de la maternité révèle une carte fragile

La fermeture de la maternité de l’HPOP, prévue fin 2026, est repoussée. À Trappes, le sursis dit la tension entre accès local et concentration des naissances.

Maternité de Trappes en sursis

La maternité de l’Hôpital privé de l’Ouest Parisien, à Trappes, ne fermera pas en décembre 2026 comme Ramsay Santé l’avait envisagé. Le groupe a accepté de revoir son calendrier après plusieurs semaines de mobilisation locale. C’est un sursis, pas une garantie de maintien.

Le mot compte, parce que le dossier ne raconte pas seulement l’avenir d’un service. Il montre la fragilité d’une carte des naissances où une décision prise par un opérateur privé peut déplacer, d’un coup, l’accès aux accouchements pour tout un bassin de vie. À Saint-Quentin-en-Yvelines, environ 230 000 habitants dépendent de cette proximité. Si la maternité de Trappes cessait d’accueillir les naissances, les familles devraient se tourner vers des établissements plus éloignés, avec des trajets plus longs et des maternités voisines déjà sollicitées.

L’HPOP n’est pas une petite adresse isolée. L’établissement, installé rue Castiglione del Lago, présente une maternité avec accueil permanent, garde obstétricale, quatre salles de naissance, une salle de césarienne et un service de néonatologie. La ville le recense parmi les équipements de santé structurants de Trappes, aux côtés des urgences, de la chirurgie, de la médecine, de la dialyse et de l’imagerie médicale.

Pourquoi, alors, envisager l’arrêt des accouchements ? Ramsay Santé met en avant la baisse de la natalité et les difficultés de recrutement de professionnels spécialisés. Le service a enregistré 682 naissances en 2024, selon Le Parisien, soit l’activité la plus basse des maternités yvelinoises. C’est peu pour un territoire dense, mais ce n’est pas un détail administratif : en obstétrique, l’activité, les équipes de garde, la néonatologie, l’anesthésie et le bloc doivent tenir ensemble, tous les jours, y compris la nuit.

La tension est nationale. La DREES comptait 445 maternités en France en 2024, 88 de moins qu’en 2014, et environ trois fois moins qu’en 1975. Ce mouvement a été porté par des normes de sécurité plus exigeantes et par la concentration des plateaux techniques. Il a aussi rendu plus visible une question que les habitants comprennent vite quand elle arrive près de chez eux : à partir de quelle distance une organisation plus concentrée devient-elle une perte d’accès ?

À Trappes, la mobilisation a changé le rythme du dossier. Une pétition a dépassé les 6 000 signatures, des habitants et soignants se sont rassemblés devant l’établissement, des élus ont pris position, et plusieurs personnalités nées dans cette maternité, dont Omar Sy, La Fouine et Shy’m, ont donné une résonance nationale à une inquiétude locale. L’ARS Île-de-France, selon Le Parisien, a indiqué ne pas être à l’origine du projet et ne pas y être favorable.

La suite doit désormais se jouer entre Ramsay Santé, l’ARS et la mairie. Le sursis obtenu ne règle ni le modèle économique du service, ni les effectifs, ni l’organisation obstétricale à long terme. Mais il évite une fermeture à date fixe et remet la décision dans une discussion publique. Pour les familles de Trappes et de Saint-Quentin-en-Yvelines, c’est déjà le point essentiel : la maternité reste ouverte, et son avenir n’est plus seulement une ligne de calendrier chez Ramsay Santé.

Sources consultées
  1. TV78Trappes : la maternité HPOP sauvée… pour l’instant, après une mobilisation qui a fait reculer Ramsay Santé
  2. Ramsay SantéPrésentation de la maternité - Hôpital privé de l’Ouest Parisien
  3. Le ParisienÀ Trappes, la maternité qui a vu naître Omar Sy, Shy’m ou la Fouine va fermer
  4. DREESLa naissance : les maternités