Renault prévoit de fermer fin 2027 son centre d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric. Le site, ouvert en 1965 et lié à l’histoire des véhicules utilitaires du groupe, emploie environ 500 salariés Renault et Ampere, avec 300 à 350 prestataires présents au quotidien. Les premiers déménagements de bureaux sont attendus dès octobre 2026.
Pour les Yvelines, le fait important n’est pas seulement la disparition d’une adresse industrielle. Renault ne quitte pas le département : le Technocentre de Guyancourt, avec 9 100 salariés fin 2025, reste l’un des grands lieux européens de conception automobile. Mais le constructeur supprime un point d’ancrage plus discret de sa carte locale. Les équipes de Villiers-Saint-Frédéric doivent être redirigées surtout vers Guyancourt, avec des transferts aussi vers Lardy, dans l’Essonne, et Aubevoye, dans l’Eure.
C’est une concentration. À Villiers, Renault avait un site spécialisé, ancien, attaché aux véhicules utilitaires. À Guyancourt, le groupe dispose d’un campus de 150 hectares où se croisent design, ingénierie, qualité, développement et prototypes. Renault privilégie ainsi le regroupement des métiers : rapprocher les équipes, réduire les surfaces, s’appuyer sur des sites déjà plus équipés. La conséquence locale l’est tout autant : des habitudes de travail, des trajets et un petit écosystème de prestataires basculent hors de Villiers-Saint-Frédéric.
Renault avance une baisse attendue de la charge dans l’ingénierie des véhicules utilitaires et un coût immobilier devenu trop lourd. Selon les éléments rapportés par TV78, la mise aux normes énergétiques du site représenterait environ 20 millions d’euros sur quatre ans. Ce chiffre éclaire le choix, car les grands bâtiments tertiaires sont désormais pris dans le dispositif Éco Énergie Tertiaire, qui impose une réduction progressive des consommations, avec un objectif de 40 % en 2030. Pour les entreprises, les vieux mètres carrés ne sont plus seulement un patrimoine : ils deviennent une ligne d’investissement.
La fermeture de Villiers-Saint-Frédéric s’inscrit aussi dans une réorganisation plus large. Renault a annoncé fin juin un plan de 800 départs volontaires parmi ses 5 500 ingénieurs en France d’ici fin 2027, avec 500 mobilités internes, 200 000 heures de formation et 150 à 200 recrutements ciblés dans le logiciel, l’IA embarquée et l’électrification. La direction lie cette transformation à la concurrence chinoise et au besoin d’aller plus vite dans le développement des véhicules. Les syndicats y voient au contraire un affaiblissement de compétences, après plusieurs années de réduction des effectifs d’ingénierie.
Le point territorial tient dans cette tension. Les Yvelines gardent un poids considérable dans l’automobile française, en particulier par la R&D. Mais cette force se rassemble dans quelques grands sites, pendant que les implantations plus spécialisées s’effacent.
Le sort précis des prestataires et l’avenir du foncier n’ont pas encore été rendus publics. Pour les salariés Renault, la fermeture se traduira d’abord par une nouvelle destination de travail. À partir d’octobre 2026, le centre de gravité se déplacera de Villiers-Saint-Frédéric vers Guyancourt, Lardy ou Aubevoye.
Sources consultées
- TV78Renault va fermer son centre d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric : 850 emplois concernés dans les Yvelines
- L’ArgusPourquoi Renault ferme son centre d’ingénierie de Villiers-Saint-Frédéric
- Renault GroupTechnocentre, 1er centre de R&D automobile en Europe
- Boursorama avec AFPRenault annonce un plan de départs volontaires concernant 800 ingénieurs en France d’ici fin 2027
- Ministère de la Transition écologiqueÉco Énergie Tertiaire