Versailles Grand Parc a profité du retour d’Eurosatory 2026 pour mettre en avant plusieurs acteurs locaux de la défense, de KNDS France à Arquus, en passant par Getelec, CIRRA, Métalliages ou TIAG Industries. Derrière cette liste, le territoire raconte une chose précise : la défense terrestre ne se fabrique pas seulement autour des grands véhicules, mais dans une succession de pièces, de matériaux, de protections et de conditionnements qui doivent tenir quand l’usage devient rude.
À Satory, les grands intégrateurs donnent l’échelle. KNDS France, installé route de la Minière à Versailles, travaille sur les systèmes terrestres, l’artillerie, les blindés, la robotique, le numérique et le soutien. Arquus, au camp de Satory, porte de son côté une partie de la mobilité militaire, de la protection des forces et du maintien en condition des véhicules. Ici, le sujet n’est pas seulement de dessiner un engin. Il faut le faire rouler, communiquer, durer, être réparé et s’insérer dans une chaîne opérationnelle.
Autour de ce socle, le territoire laisse apparaître des savoir-faire moins visibles, mais décisifs. À Buc, Getelec conçoit des solutions de blindage CEM et d’étanchéité technique : joints conducteurs, absorbants hyperfréquences, dissipateurs thermiques, protections pour équipements soumis aux perturbations électromagnétiques, à l’humidité, aux vibrations ou aux fortes contraintes environnementales. Dans un blindé, un capteur ou une radio embarquée, l’électronique perd vite sa valeur opérationnelle si elle décroche au mauvais moment.
Métalliages, également à Buc, intervient plus en amont, dans les métaux et alliages spéciaux pour les industries de technologies avancées. L’entreprise met en avant les tôles, barres, tubes, fils, pièces de forge ou alliages techniques, ainsi que des certifications qualité ISO 9001 et EN 9100. Ce type de compétence ne produit pas forcément une annonce très visible. Il conditionne pourtant la capacité à répondre à des cahiers des charges où la matière, la traçabilité et la norme comptent autant que l’idée initiale.
La même logique vaut pour la logistique. TIAG Industries a sa direction administrative et commerciale à Versailles, tandis que ses sites de production sont en Corrèze. Ses conteneurs de munitions pour calibres OTAN, mortiers, charges propulsives de 155 mm ou missiles, reposent sur des calages adaptés, l’homologation UN pour le transport de marchandises dangereuses et des contraintes de chute, vibration, étanchéité ou climat. CIRRA, à Buc, ajoute une autre brique : le groupe Étienne Lacroix la présente comme spécialiste des contre-mesures air-mer, des leurres électromagnétiques et du conditionnement sur mesure.
Le retour d’Eurosatory éclaire donc autre chose qu’une vitrine de salon. Dans la période ouverte par le réarmement européen et l’« économie de guerre » défendue par le ministère des Armées, la question n’est pas seulement d’inventer des systèmes. Elle est de protéger les composants, qualifier les matériaux, déplacer les munitions, tenir les délais et éviter que la petite pièce devienne le grand blocage. Dans les Yvelines, cette compétence se voit moins dans un seul produit que dans cette géographie courte : Satory pour les systèmes, Buc et Versailles pour une partie des matériaux, protections et interfaces qui les rendent utilisables.
Sources consultées
- Versailles Grand ParcRetour sur Eurosatory : l’excellence industrielle à l’honneur
- GetelecSolutions de blindage CEM sur-mesure
- TIAG IndustriesConteneurs de Munitions - Secteur Défense
- MétalliagesMétaux et alliages spéciaux pour technologies avancées
- Étienne Lacroix GroupResponsable Production CIRRA
- Ministère des ArméesOrienter et soutenir la base industrielle de défense