Saint Germain Boucles de Seine prépare des travaux sur ses réseaux d’assainissement. La consultation publiée fin juin porte sur la réhabilitation sans tranchées des ouvrages de collecte et de transport de l’agglomération, avec un accord-cadre à bons de commande compris, selon la republication de l’avis de marché, entre 1,2 million et 12 millions d’euros HT sur sa durée totale.
Le sujet a l’air technique. Il raconte pourtant une partie très ordinaire, et très coûteuse, du fonctionnement urbain. La CASGBS couvre 19 communes et plus de 341 000 habitants, de Bezons à Sartrouville, de Chatou à Saint-Germain-en-Laye. Son assainissement collectif représente 127 275 abonnés, près de 31,9 millions de m3 d’eaux usées traités en 2024 et 778 km de réseaux d’eaux usées et unitaires. Dans un secteur aussi dense, réparer un collecteur n’est jamais seulement réparer un tuyau. C’est intervenir sous une rue déjà occupée par les réseaux, la circulation, les bus, les commerces, les écoles et les accès riverains.
Le “sans tranchée” répond à cette contrainte. Quand l’état de l’ouvrage le permet, on n’ouvre pas toute la chaussée : l’intervention passe par les regards ou par des accès ponctuels. Le réseau est curé, inspecté, puis repris de l’intérieur, souvent par chemisage, avec une gaine ou une résine qui redonne une paroi étanche à la canalisation. La méthode ne remplace pas les terrassements lorsqu’un collecteur est trop déformé, cassé ou à redimensionner. Elle donne en revanche une solution moins lourde quand le problème relève de l’étanchéité, de l’usure ou d’une faiblesse localisée.
L’agglomération ne découvre pas cette technique. Son rapport 2024 cite plusieurs opérations à Bezons : chemisage rue Pasteur pour 61 000 euros TTC, rue Karl-Marx pour 27 000 euros TTC, réhabilitation du collecteur rue Albert-Ier pour 128 900 euros TTC, et réhabilitation sans tranchées allée des Nymphéas pour 36 500 euros TTC. Le même rapport aligne, commune par commune, la vie discrète du réseau : curages, inspections télévisées, extraction de sable, réparations de branchements, désobstructions. En 2024, 11 % du linéaire d’eaux usées strictes et unitaires a été curé, et 7 % du réseau total inspecté.
Le nouveau marché change donc l’échelle plus que le principe. Il installe une réserve de travaux sur plusieurs années, par bons de commande, au lieu d’un chantier unique attaché à une rue. C’est souvent ainsi que se maintient un réseau enterré : on observe, on cartographie, on hiérarchise, puis on traite les tronçons avant que la réparation d’entretien ne devienne une urgence.
Le calendrier précis des rues concernées n’est pas encore public. Ce qui l’est déjà suffit à donner la mesure du choix : dans les Boucles de Seine, une partie de l’investissement local passera par des chantiers que l’on remarquera surtout parce qu’ils éviteront, autant que possible, de transformer une canalisation fatiguée en rue éventrée.
Sources consultées
- BOAMPAccord-cadre de travaux de réhabilitation sans tranchées des ouvrages de collecte et de transport de la CASGBS
- Communauté d’agglomération Saint Germain Boucles de SeineRapport annuel 2024 sur le prix et la qualité des services publics de l’eau potable et de l’assainissement collectif et non collectif
- Communauté d’agglomération Saint Germain Boucles de SeineEau et assainissement à Houilles
- AquagirChemisage