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À Mantes-la-Jolie, l’écologie doit maintenant trouver son ordre de marche

Mantes-la-Jolie lance une mission de 18 mois pour coordonner écoles, rénovation urbaine, bâtiments publics, chaleur et espaces de fraîcheur.

Cour d’école végétalisée

Mantes-la-Jolie cherche un prestataire pour élaborer sa « Stratégie de bifurcation écologique mantaise ». La consultation, publiée le 26 juin, prévoit une mission de 18 mois, avec remise des offres le 14 septembre 2026 à midi. Le marché ne finance pas directement une cour d’école, un parc ou une chaufferie. Il vise d’abord à organiser les choix.

Le cahier de route prévoit une analyse de ce qui existe déjà, puis une stratégie co-construite, un plan d’actions programmé et, si la ville active cette option, un accompagnement de la mise en œuvre. Le prestataire devra aussi aider les services municipaux à travailler ensemble et raccorder la démarche aux autres politiques publiques. Le coût du marché n’est pas publié dans l’avis.

À Mantes-la-Jolie, cette commande n’arrive pas dans le vide. La ville affiche depuis plusieurs années des actions écologiques : économies d’énergie dans les bâtiments municipaux, véhicules électriques, tri, panneaux photovoltaïques, chaufferie biomasse, gestion différenciée des espaces verts, éco-pâturage. Elle a aussi obtenu le label « Territoire engagé pour la nature » pour 2024-2027, avec deux promesses très locales : travailler avec les écoles et déployer des cours Oasis.

Les écoles donnent la bonne échelle du sujet. Sur sa page consacrée aux cours Oasis, la ville associe ce programme aux vagues de chaleur, aux sols trop minéraux, aux arbres qui souffrent du sec et aux îlots de chaleur urbains. Désimperméabiliser une cour, planter, faire infiltrer l’eau ou créer de l’ombre ne relève pas seulement du décor. Il faut choisir quelles cours passent d’abord, organiser les travaux sans casser l’année scolaire, prévoir l’entretien et éviter que les arbres plantés pour rafraîchir meurent au premier été dur. Une stratégie utile commence par ce genre de décisions.

Le Val Fourré place la barre plus haut encore. La deuxième phase du renouvellement urbain y représente 400 millions d’euros de budget global, quatre secteurs aménagés, 24 000 habitants concernés, 2 160 logements réhabilités, 20 000 m² d’espaces publics réaménagés et 5 000 m² d’espaces verts créés. Plusieurs opérations touchent directement aux écoles, aux accès piétons, aux rues, aux parkings, aux mails et aux espaces végétalisés. Si la bifurcation écologique mantaise doit servir à quelque chose, elle devra s’insérer dans cet ensemble de chantiers, porté avec GPS&O, l’ANRU, le Département, la ville et les bailleurs.

Même logique pour l’énergie. Le réseau Éco Chaleur du Mantois, piloté à l’échelle intercommunale avec Dalkia, doit s’étendre progressivement entre 2026 et 2030 vers Mantes-la-Jolie, Mantes-la-Ville et Limay. Le projet annoncé porte sur 54 km de réseau, 20 000 équivalents-logements, 100 millions d’euros d’investissement sur 25 ans et 92 % d’énergies décarbonées et de récupération. Une commune peut rénover ses bâtiments, mais elle ne maîtrise pas seule les tuyaux qui chauffent les logements, les écoles, les hôpitaux ou les entreprises.

La future stratégie aura donc une valeur si elle classe, relie et rend exécutable. Les compétences demandées dans le marché vont dans ce sens : analyse territoriale, écologie urbaine, aménagement durable, concertation. À Mantes-la-Jolie, la stratégie sera jugée sur des choses moins lyriques que le mot « bifurcation » : une cour d’école moins brûlante, une rue moins minérale, un chantier du Val Fourré mieux raccordé au climat, un bâtiment public mieux traité, un calendrier qui ne laisse pas chaque service avancer dans son couloir.

Sources consultées
  1. France Marchés / BOAMPAssistance à Maîtrise d'ouvrage pour l'élaboration et la mise en place d'une Stratégie de Bifurcation Écologique Mantaise (SBEM)
  2. Ville de Mantes-la-JolieLes Cours Oasis
  3. Ville de Mantes-la-JolieRénovation urbaine
  4. Grand Paris Seine & Oise / DalkiaLe réseau Éco Chaleur du Mantois s’étend pour fournir une énergie locale, décarbonée et compétitive à 20 000 logements