À Porchefontaine, Tri-Logis n’est pas une déchèterie avec une vitrine plus aimable. La ressourcerie ouverte depuis décembre 2025 au 147, rue Yves-Le-Coz accueille des vêtements, des livres, de la vaisselle, des jouets, des bibelots ou de petits meubles, puis les remet en vente à prix solidaires lorsqu’ils peuvent encore servir.
La scène la plus intéressante se joue avant les rayons. Les dons sont triés avec les habitants dès leur arrivée. Un objet propre, complet et réemployable peut être gardé, préparé puis revendu. Le reste repart, ou doit trouver une autre filière. C’est simple, un peu ferme, et nécessaire : la seconde main ne fonctionne pas avec de bons sentiments seuls.
Le lieu est porté par Chantiers Yvelines, association versaillaise d’insertion par l’activité économique. Dans la boutique, le réemploi devient aussi une situation de travail : accueil, tri, nettoyage, petite réparation, étiquetage, mise en rayon, vente. À terme, Tri-Logis doit fonctionner avec cinq salariés en insertion et une quarantaine de bénévoles. Mathieu Casanelli, administrateur de Chantiers Yvelines et l’un des initiateurs du projet, cherche notamment des solutions pour récupérer de petits meubles, plus difficiles à transporter que les sacs ou les cartons.
Tri-Logis ouvre au public le mercredi et le samedi, de 9 h 30 à 12 h 30 puis de 13 h 30 à 17 h 30. Pendant ces créneaux, on peut chiner et déposer des objets. La ressourcerie permet aussi de proposer des dons à Tri-Logis via son formulaire, notamment pour un débarras de maison ou d’appartement.
Les règles de dépôt donnent au lieu son caractère. Un sac de vêtements maximum, une caisse de livres par passage. Pas de vêtements sales ou abîmés. Pas de vaisselle ébréchée. Pas de jeux incomplets. Pas de sièges enfant, casques ou bombes d’équitation, interdits à la revente pour des raisons de sécurité. Pas de gros électroménager ni de grand mobilier, faute de place. Les vélos sont renvoyés vers la Boîte à Cycler à Viroflay, le matériel de sport vers la Ressourcerie des Loisirs à Vélizy. Et pour les peluches, la réponse est presque tendre : Tri-Logis en a déjà trop.
Dans l’agglomération, la réduction des déchets est devenue un sujet très visible, jusqu’à la tarification éco-responsable déjà lancée dans plusieurs communes. La ressourcerie prend le problème en amont. Avant de compter ce qui part dans le bac gris, elle organise ce qui peut ne pas y aller. À Versailles Grand Parc, le bac gris commence à compter. Rue Yves-Le-Coz, une autre partie du même apprentissage se joue sur une table de tri, entre une caisse de livres, un petit meuble et une peluche refusée.