Le 30 juin 2026, le master Travail, Expertises, Organisations, Conduite du Changement de l’UVSQ organise une journée d’étude sur l’IA générative dans les organisations de travail. Le rendez-vous aura lieu à l’Académie du Climat, à Paris, mais son ancrage est à Guyancourt : une formation de sociologie appliquée qui prépare des professionnels à accompagner les transformations dans les entreprises, les cabinets d’études, les cabinets de conseil et les institutions publiques.
L’IA générative est souvent présentée par ses outils : un chatbot, un assistant bureautique, un générateur de texte, une fonction ajoutée dans un logiciel déjà utilisé. Dans une organisation, pourtant, le moment délicat commence après la démonstration. Qui a le droit de l’utiliser ? Sur quelles données ? Pour quels documents ? Avec quel contrôle humain ? Et que devient le travail quand une partie de la rédaction, de la recherche, du tri ou de l’aide à la décision est confiée à une machine ?
Le programme annoncé par l’UVSQ prévoit une conférence introductive, trois tables rondes sur les pratiques professionnelles, les questions sociales et éthiques, les nouvelles façons de décider, puis des échanges entre chercheurs, professionnels et étudiants. Les inscriptions sont gratuites, avec des places limitées, via le formulaire pour s’inscrire à la journée d’étude sur l’IA générative dans les organisations de travail.
Le master TEO-CDC donne à l’événement sa base locale. Cette formation de l’UFR des sciences sociales, située à Guyancourt, n’est pas une formation d’ingénieurs en IA. Elle s’appuie sur la sociologie du travail, de l’emploi et des organisations, avec des enseignements de diagnostic, de projet, d’évaluation, mais aussi des apports en ergonomie, ressources humaines, droit du travail ou systèmes d’information. Son terrain naturel, ce sont les procédures, les métiers, les rapports entre équipes, les changements qui réussissent et ceux qui se coincent.
Ce regard devient précieux parce que l’adoption va plus vite que l’organisation. En 2024, selon l’Insee, 10 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus utilisaient déjà au moins une technologie d’intelligence artificielle, contre 6 % en 2023. Dans les entreprises de 250 salariés ou plus, la proportion atteignait 33 %. Une enquête Bpifrance Le Lab publiée le 23 juin 2026 va dans le même sens chez les ETI : 77 % des dirigeants interrogés déclarent que leurs collaborateurs utilisent l’IA générative dans un cadre professionnel, mais seuls 17 % des utilisateurs constatent déjà un gain de temps.
L’écart dit beaucoup. Acheter ou ouvrir un outil est rapide. En faire une pratique de travail fiable demande autre chose : des règles, des compétences, des arbitrages, une capacité à repérer les tâches où l’IA aide vraiment et celles où elle brouille la responsabilité. Le règlement européen sur l’intelligence artificielle rappelle d’ailleurs que certains usages dans l’emploi, le recrutement, la promotion, l’allocation des tâches ou l’évaluation des performances peuvent relever des systèmes à haut risque.
L’UVSQ a déjà structuré une fédération de l’IA qui réunit quatorze laboratoires et entend faire travailler ensemble recherche, formation, innovation et partenaires du territoire. Cette journée ajoute une pièce plus discrète, mais très concrète : dans les Yvelines, l’IA se pense aussi depuis les sciences sociales, au 47 boulevard Vauban, là où l’on forme ceux qui devront traduire les outils en règles, en méthodes et en gestes de travail.
Sources consultées
- IA UVSQUsages et enjeux de l’IA générative dans les organisations de travail
- UVSQMaster 2 Sociologie, parcours Travail, Expertises, Organisations - conduite du changement (TEO-CDC)
- InseeLes technologies de l’information et de la communication dans les entreprises en 2024
- Bpifrance Le LabBpifrance Le Lab présente la 16e édition de son baromètre annuel des ETI
- EUR-LexRegulation (EU) 2024/1689, Artificial Intelligence Act