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À Jouy-en-Josas, la cryobanque des porcs locaux vise aussi le tissu ovarien

L’INRAE lance une collecte de cortex ovariens de races porcines locales pour la Cryobanque nationale, depuis son centre de Jouy-en-Josas-Antony.

Illustration - cryobanque porcine en laboratoire

À Jouy-en-Josas, l’INRAE prépare une collecte très particulière pour la Cryobanque nationale : des cortex ovariens de races porcines locales. L’avis de marché, publié le 19 juin 2026, dépend de l’unité GABI du centre INRAE de Jouy-en-Josas-Antony et prévoit une prestation sur 26 mois.

Le sujet peut sembler minuscule. Il touche pourtant à une question nette : comment conserver la diversité génétique d’animaux dont les effectifs restent faibles, sans dépendre seulement des troupeaux vivants ou de la semence congelée ?

La conservation des races porcines locales existe déjà. L’IFIP suit six races porcines locales dans ses programmes de conservation : Porc Pie Noir du Pays Basque, Porc de Bayeux, Porc Gascon, Porc Cul Noir Limousin, Porc Blanc de l’Ouest et Porc Nustrale. Ce suivi se fait à deux niveaux, en élevage et hors élevage, avec le GIS Cryobanque nationale.

Les collections porcines documentées de la Cryobanque nationale reposent surtout sur la semence. Une caractérisation publiée par l’IFIP indique que des semences de races locales porcines y sont conservées sous forme de pellets pour 59 verrats et de paillettes pour 78 verrats, avec une comparaison à 240 animaux récents. Le résultat le plus parlant tient en une phrase : certains allèles présents dans les semences anciennes n’ont pas été retrouvés dans les échantillons récents. Une cryobanque n’est donc pas seulement une archive. Elle peut garder une diversité déjà affaiblie dans les populations actuelles.

Le marché de Jouy-en-Josas ajoute une pièce plus délicate : le versant femelle de la conservation. Le cortex ovarien renvoie à la réserve folliculaire, c’est-à-dire à une partie du potentiel reproducteur porté par l’ovaire. L’avis ne se contente pas de demander une collecte. Il évalue la capacité scientifique et technique des candidats à conserver plus de 60 % de cette réserve folliculaire, à intervenir sur site, à déployer un laboratoire mobile, à gérer transport et traçabilité, et à respecter les pratiques des éleveurs.

La prestation doit se dérouler à l’échelle de la France pour la collecte et le transport. La conservation est prévue sur les sites primaire et secondaire de la Cryobanque nationale. L’avis mentionne aussi une xénogreffe sur modèle murin, réalisée dans le lieu proposé par le prestataire. Cela situe bien la maturité du dossier : une opération de conservation biologique exigeante, avec un contrôle de viabilité et une logistique de terrain.

Jouy-en-Josas n’est pas interchangeable dans cette histoire. L’unité GABI, sous tutelle INRAE et AgroParisTech, travaille sur la variabilité génétique des animaux, les génomes, la reproduction, la biodiversité et les systèmes d’élevage. Le réseau CRB-Anim, auquel appartient la Cryobanque nationale française, conserve déjà environ 530 000 échantillons biologiques d’animaux domestiques ou de compagnie, sur 22 espèces.

Dans les Yvelines, le fait nouveau tient donc dans une compétence discrète : savoir collecter, qualifier, tracer et conserver des fragments de tissu susceptibles de préserver une part du potentiel génétique de races porcines locales. À Jouy-en-Josas, la mémoire agricole se conserve aussi en laboratoire mobile et en réserve folliculaire.

Sources consultées
  1. France Marchés / BOAMPAvis de marché n° 26-61005 du 19/06/2026
  2. GABI, INRAEL’unité mixte de recherche Génétique Animale et Biologie Intégrative
  3. IFIPConservation des ressources génétiques : cryobanque nationale et appui aux races locales
  4. IFIPCaractérisation génomique des races locales porcines et de leurs semences stockées en Cryobanque Nationale
  5. CRB-AnimCentre de Ressources Biologiques pour les animaux domestiques