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Aux Archives des Yvelines, la mémoire publique passe aussi par des données bien tenues

Le Département confie jusqu’à 560 000 € HT de prestations pour structurer ses données archivistiques et patrimoniales.

Illustration - Archives et données publiques

Le Département des Yvelines a attribué le 12 juin 2026 un marché d’informatisation documentaire à Fontaine et Fils Archives Services. Son plafond atteint 560 000 € hors taxes sur quatre ans, avec un minimum annuel de 25 000 € et un maximum annuel de 140 000 €.

L’objet paraît technique : structurer, normaliser et accompagner la diffusion de données liées aux documents d’archives, aux collections de bibliothèques, au patrimoine mobilier et au patrimoine monumental. En clair, le Département achète une partie du travail qui permet de retrouver la mémoire publique.

Une archive ne devient pas utile parce qu’elle dort dans un magasin ou parce qu’une image a été mise en ligne. Il faut une cote, une date, un lieu, un nom, une description fiable, parfois un lien avec une commune, un bâtiment, une famille, un service administratif ou une série de documents. Sans cette couche-là, l’usager ne cherche plus dans les archives : il fouille.

Les Archives départementales, à Montigny-le-Bretonneux, conservent plus de 33 kilomètres linéaires de documents, 14 000 ouvrages, 1 400 titres de périodiques, 300 000 photographies et cartes postales. Leur site a reçu 1,7 million de visites en 2024 et près de 10 millions de documents y sont consultables en ligne. Les fonds continuent aussi de s’accroître : plus de 1 000 mètres linéaires ont rejoint les Archives en 2025, contre 300 à 400 mètres en année moyenne.

Le marché ne précise pas quels fonds seront traités en priorité. Mais son périmètre dit déjà quelque chose : le sujet n’est pas seulement de numériser des registres ou de conserver du papier. Il s’agit de tenir ensemble des inventaires, des notices, des collections et des données patrimoniales assez bien tenues pour être recherchées, corrigées, diffusées et comprises.

Ce n’est pas une coquetterie numérique. Les Archives départementales servent les généalogistes, les chercheurs, les communes, les notaires, les administrations et les habitants qui cherchent un acte, une preuve, une information foncière, une trace familiale ou un élément d’histoire locale. Le Département rappelle lui-même que les demandes de reproduction doivent porter sur des documents assez précisément identifiés, par leur nature, leur date ou leur cote. La qualité de la description devient donc une condition d’accès.

La logique dépasse les Yvelines, mais elle se voit très bien ici. Le Code du patrimoine inclut explicitement les données dans la définition des archives. Pour les documents numériques, le versement doit aussi être accompagné des informations nécessaires à leur exploitation, leur identification et leur traçabilité. Les services d’archives ne gèrent donc plus seulement des mètres de rayonnages. Ils maintiennent aussi des systèmes de repérage.

L’accord-cadre attribué en juin finance un travail rarement visible. Mais dans un département où les fonds remplissent presque des dizaines de kilomètres, ce travail décide de beaucoup : une photographie, un registre d’état civil, un inventaire de monument ou un dossier administratif n’existe vraiment pour le public que si quelqu’un peut le retrouver, à Montigny-le-Bretonneux ou depuis un écran.

Sources consultées
  1. La Centrale des marchésInformatisation documentaire, structuration, normalisation et accompagnement dans la diffusion de données archivistiques et patrimoniales, avis de résultat de marché 26-58712
  2. AWS / Portail des marchés publics du Conseil départemental des YvelinesAvis de publicité, référence 20260012
  3. Yvelines InfosArchives départementales des Yvelines, une montagne d’informations et des défis à relever
  4. 78-92.frFaire une recherche documentaire
  5. LégifranceCode du patrimoine, article L211-1