Article

À SQY, ce que deviennent les sacs verts et les vieux meubles

SQY prépare le traitement des déchets végétaux et encombrants à partir de 2027, avec un écart sensible entre potentiel recyclable et recyclage réel.

Illustration - Sacs verts et vieux meubles

Saint-Quentin-en-Yvelines prépare l’après-collecte de deux déchets très ordinaires: les sacs de végétaux sortis devant les maisons et les objets encombrants déposés sur rendez-vous ou en pied d’immeuble. L’agglomération a lancé un marché pour leur traitement à partir du 1er janvier 2027, avec deux lots distincts et une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans.

Le montant maximal annoncé atteint 190 000 € HT par an pour les déchets végétaux et 480 000 € HT pour les encombrants. Sur toute la durée possible du marché, le plafond théorique s’élève donc à 3,35 millions d’euros HT. Mais le prix réel dépendra des quantités traitées: le contrat est prévu à prix unitaires, appliqués aux tonnages réellement traités. Dans les déchets, la météo, les usages et la qualité du tri finissent toujours par entrer dans la facture.

SQY ne décide pas seulement des tournées. Depuis 2016, la communauté d’agglomération exerce la compétence déchets sur ses douze communes et 233 591 habitants. Elle délègue au SIDOMPE le traitement des ordures ménagères résiduelles, des emballages, papiers et verres, mais conserve la main sur d’autres flux, dont les déchets végétaux et les encombrants. C’est cette partie moins visible du service qui revient aujourd’hui en marché.

Le flux le plus parlant est celui des encombrants. En 2024, SQY en a collecté 14,5 kg par habitant, soit 3 391 tonnes. En pavillonnaire, la collecte fonctionne sur rendez-vous: 6 449 passages ont été honorés dans l’année. En habitat collectif, elle combine une collecte mensuelle sur l’espace public et des collectes conventionnées avec bailleurs ou copropriétés. Le service évite que les vieux meubles, matelas ou grands objets ne restent trop longtemps au mauvais endroit. Mais il ne suffit pas à bien valoriser la matière.

Le rapport déchets 2024 de SQY donne le chiffre qui change l’échelle du sujet: 91 % des encombrants présentent un potentiel recyclable, mais seulement 36 % sont recyclés. Le nouveau lot ne demande donc pas uniquement d’accueillir et de faire disparaître ces objets. Il prévoit aussi le tri, le traitement et des caractérisations, c’est-à-dire des analyses du contenu réel du flux. Pour progresser, la collectivité doit savoir ce qui se perd: bois, mobilier, matériaux, refus, objets trop mal orientés ou trop dégradés.

Les déchets végétaux posent un autre problème. Ils pèsent 17,6 kg par habitant hors déchetterie en 2024, en hausse de 6,6 % sur un an. SQY explique cette progression par un été très pluvieux. Quand les jardins poussent davantage, la collecte suit, puis la plateforme doit absorber plus de matière. Le marché prévoit l’accueil des végétaux, sapins de janvier compris, leur traitement, l’élimination des refus et la mise à disposition de compost.

Ce flux rejoint l’obligation nationale de tri à la source des biodéchets, généralisée depuis 2024. À SQY, cela passe par une combinaison assez concrète: sacs de déchets végétaux pour les foyers concernés, compostage, broyat disponible dans certaines déchetteries, et traitement spécialisé quand le déchet part en collecte.

La benne qui passe devant chez soi donne l’impression que le problème est réglé. Le marché lancé par SQY montre plutôt l’inverse: le service public commence vraiment à se mesurer après le portail, quand il faut décider si une branche, un canapé ou un objet cassé devient compost, matière récupérée, refus ou simple coût supplémentaire.

Sources consultées
  1. BOAMP, avis n° 26-57984, consulté via France MarchésMarché de traitement des déchets végétaux et des objets encombrants collectés en porte à porte sur le territoire de SQY
  2. Saint-Quentin-en-YvelinesRapport d’activité déchets 2024
  3. Saint-Quentin-en-Yvelines / PEPSCollecte des encombrants sur RDV
  4. Saint-Quentin-en-YvelinesCollecte des déchets verts et sacs de déchets verts à SQY
  5. ADEMETrier et valoriser les biodéchets: le rôle des collectivités