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À Plaisir, la psychiatrie neuve commence par l’ancien bâti

Un nouveau marché de désamiantage et de démolition prolonge la transformation du site hospitalier de Plaisir, où doit être construit un bâtiment Ségur pour la psychiatrie.

Illustration - Ancien bâtiment hospitalier

Un avis BOAMP publié le 10 juin annonce des travaux de désamiantage et de démolition de bâtiments du Centre hospitalier de Plaisir. La synthèse accessible ne donne pas le coût du nouveau marché ni la liste détaillée des bâtiments concernés, mais elle pointe vers la phase la moins visible de la transformation du site : avant de construire la psychiatrie neuve, il faut d’abord retirer proprement l’ancien bâti.

Cette séquence est déjà documentée. En 2024, le Centre hospitalier de Versailles, acheteur pour le compte du site de Plaisir, avait lancé un marché de curage, désamiantage et démolition du pavillon Palewsky et de la grande serre, « en préalable à la reconstruction de la psychiatrie » sur le site Mansart. Le montant estimatif était d’environ 1 million d’euros hors taxes, pour douze mois de travaux. Le futur bâtiment Ségur, lui, est annoncé par l’équipe de maîtrise d’œuvre comme un ensemble de 139 lits, 31 millions d’euros de travaux, avec une livraison prévue en 2029.

Dans un hôpital, démolir n’est pas un simple coup de pelle mécanique. Le dossier de 2024 prévoyait des diagnostics amiante et plomb, un diagnostic PEMD sur les produits, équipements, matériaux et déchets, une étude de faisabilité technique de démolition et une visite obligatoire du site. Ces opérations sont étroitement liées : matériaux à retirer, réseaux à neutraliser, circulations à préserver, risques à tenir à distance.

Le Centre hospitalier de Plaisir n’est pas une petite annexe. La Fédération hospitalière de France lui attribue 1 176 lits et places, dont 294 en psychiatrie, répartis entre deux sites principaux dans la commune : l’un dédié à la psychiatrie, l’autre à la gériatrie, à la rééducation et au handicap. Le Centre hospitalier de Versailles apparaît comme acheteur parce que Plaisir est administré en direction commune avec Versailles, dans le GHT Yvelines Sud.

Le chantier local rejoint aussi un rattrapage régional. L’ARS Île-de-France a identifié, dans les Yvelines notamment, des locaux psychiatriques parfois vétustes ou inadaptés. Le Ségur santé mentale prévoit plus de 310 millions d’euros d’aides pour 36 établissements franciliens, afin de moderniser les unités d’hospitalisation et de mieux adapter les lieux aux soins.

À Plaisir, cette modernisation commence par ce qui se voit le moins dans les images d’architecte : du curage, du plomb, de l’amiante, des déchets triés, des bâtiments effacés avec méthode. L’histoire du site invite à cette rigueur. Un ancien chantier de restructuration de l’hôpital psychiatrique avait été ajourné en 2016 après la découverte d’anomalies structurelles, avant un contentieux soldé en 2024 par plus d’un million d’euros d’indemnisation à une entreprise, à la charge de la maîtrise d’œuvre et non de l’hôpital. Sur le site Mansart, les patios et les jardins thérapeutiques passeront d’abord par le retrait des vieux murs.

Sources consultées
  1. BOAMPTravaux de désamiantage et de démolition des bâtiments du Centre Hospitalier de Plaisir, avis n° 26-57200
  2. Centre hospitalier de Versailles, DCE mirrorTravaux de curage, désamiantage et démolition du pavillon Palewsky et de la grande serre, consultation n°2024MB04
  3. Groupe-6 architectesHôpital psychiatrique, Plaisir
  4. Fédération hospitalière de FranceCentre Hospitalier de Plaisir
  5. ARS Île-de-FranceLes mesures Ségur Santé pour la psychiatrie et la santé mentale
  6. La Gazette de Saint-Quentin-en-YvelinesL’arrêt du chantier de l’hôpital psychiatrique de Plaisir a coûté un peu plus d’un million d’euros