Saint-Quentin-en-Yvelines cherche un bureau d’études pour préparer ses prochaines infrastructures de transport. L’avis publié début juin ne promet ni gare nouvelle, ni piste cyclable, ni échangeur livré demain matin. SQY achète autre chose: la capacité de décider, avant travaux, quels projets tiennent vraiment face aux coûts, aux nuisances, à l’environnement et aux usages.
L’accord-cadre doit démarrer le 14 octobre 2026, pour un an reconductible trois fois. Son plancher est de 80 000 euros hors taxes par an. Son plafond atteint 800 000 euros hors taxes par an, soit 3,2 millions d’euros hors taxes au maximum si les quatre années sont utilisées. Les offres sont attendues le 6 juillet à midi.
Le marché couvre un large champ. SQY demande des études d’opportunité et de faisabilité, des évaluations environnementales, des mesures de nuisances, des expertises écologiques, de l’assistance à maîtrise d’ouvrage et des évaluations socio-économiques. Ces prestations peuvent porter sur des sections de voies, des espaces publics, des réseaux, des ouvrages d’art, des projets urbains, mais aussi sur des dossiers réglementaires pouvant aller jusqu’à l’enquête publique.
Dans une agglomération comme SQY, ce travail amont compte beaucoup. Le territoire concentre plusieurs objets de mobilité: la future ligne 18 à Guyancourt, les pôles de gare, les accès routiers depuis la RN12, les itinéraires cyclables, les zones d’activité et les quartiers qui encaissent les reports de circulation. Le rapport d’activité 2024 de l’agglomération en donne des exemples: aménagement de la gare de SQY-Montigny, travaux autour de la future gare de Guyancourt-SQY, poursuite d’un réseau cyclable visant 600 km d’itinéraires à l’horizon 2031, requalifications de voirie à Maurepas ou Plaisir.
L’exemple de l’échangeur RN12 et avenue des Garennes, à Guyancourt, montre à quoi sert cette mécanique. Avant d’arriver devant les habitants, un projet doit passer par des scénarios, des avis techniques, des impacts sur le bruit, les flux, les accès aux quartiers, les boisements, les ouvrages existants. Dans ce dossier, SQY présente l’échangeur comme l’un des nœuds routiers majeurs de l’agglomération et comme une porte d’entrée aujourd’hui complexe. Ce type de projet ne se règle pas au trait de feutre sur une carte.
Le calendrier renforce l’intérêt de ce marché. En 2025, SQY a lancé l’élaboration de son Plan local de mobilité, destiné à succéder au Plan local de déplacements approuvé en 2014. Ce nouveau document devra être compatible avec le Plan des mobilités en Île-de-France 2030, approuvé par la Région le 24 septembre 2025. Celui-ci fixe une ligne régionale assez nette: moins de déplacements en voiture et deux-roues motorisés, davantage de transports collectifs, une forte progression du vélo, et des collectivités chargées de traduire cela dans leurs voiries, leurs gares et leurs documents d’urbanisme.
L’accord-cadre ne dit pas encore quelles opérations seront commandées. Cette absence compte: le lecteur ne peut pas savoir si le prochain bon de commande portera sur un carrefour, un parvis de gare, un ouvrage d’art ou une section de voirie. Mais la décision est tout de même lisible. SQY se prépare à une phase où les mobilités ne seront pas seulement une affaire de construction. Elles seront une affaire d’arbitrage: quel itinéraire fluidifier, quel espace rendre aux piétons ou au vélo, quelle nuisance accepter, quel coût futur éviter.
Les prochains changements visibles commenceront peut-être sur une bretelle de la RN12, près d’une gare ou sur un axe cyclable. Pour l’instant, ils passent par un marché d’ingénierie lancé depuis l’hôtel d’agglomération de Trappes.
Sources consultées
- France Marchés / BOAMPAvis de marché n° 26-55932, “Études d’infrastructures de transport”
- Saint-Quentin-en-YvelinesDélibération 2025-187, lancement de la révision du PLD et élaboration du Plan local de mobilité de SQY
- Saint-Quentin-en-YvelinesRapport d’activité 2024
- Région Île-de-FrancePlan des mobilités en Île-de-France 2030: en route vers le bas carbone
- Saint-Quentin-en-YvelinesDossier de concertation, échangeur RN12 et avenue des Garennes à Guyancourt