À Louveciennes, une partie de l’usine d’eau pourrait servir à forer jusqu’à la nappe de l’Albien. L’idée est concrète : utiliser un site déjà dédié à l’eau comme point d’appui possible pour un projet de forage profond.
AQUAVESC a publié le 3 juin un appel à manifestation d’intérêt pour mettre à disposition une partie de la parcelle de son usine de Louveciennes. L’objet complet mentionne le « déploiement d’un projet de forage à l’Albien ». Les candidatures sont attendues jusqu’au 3 juillet à 18 h.
Le syndicat ne dit donc pas encore qu’un chantier va commencer. Il cherche des opérateurs capables de concevoir, financer, réaliser, exploiter, maintenir puis démanteler l’installation. Une visite du site est obligatoire. Quatre candidats au maximum pourront être admis à la négociation. C’est une porte ouverte, pas encore un permis de forer.
Le lieu compte. La commune indique que son réseau d’eau potable est alimenté par l’usine de production de Louveciennes. AQUAVESC présente cette usine comme capable de traiter jusqu’à 120 000 m³ d’eau par jour. Le service d’eau potable répertorié par Eaufrance couvre 29 communes. Sur un tel site, un forage n’est pas une simple affaire de sous-sol : il doit cohabiter avec l’exploitation, les accès, la sécurité et les contraintes d’un équipement public en service.
L’Albien, lui, donne le sens du projet. Sous l’Île-de-France, cette ressource profonde se situe généralement entre 600 et 1 000 mètres. Son eau, entre 25 et 40 °C, peut intéresser la géothermie lorsqu’elle est associée à une pompe à chaleur. Le principe est moins abstrait qu’il n’en a l’air : on descend chercher de l’eau profonde, on récupère de la chaleur, puis il faut organiser l’usage réel de cette énergie.
Dans les Yvelines, le rapprochement entre eau et chaleur a déjà un précédent. À Saint-Germain-en-Laye, un projet de forage à l’Albien a été présenté à la fois comme captage d’eau souterraine et comme ressource thermique, avec aussi une fonction possible de secours pour l’eau potable. Louveciennes s’inscrit donc dans une question plus large, mais très locale : que peuvent produire les infrastructures d’eau, au-delà de l’eau elle-même ?
Pour les habitants, rien ne change aujourd’hui au robinet. La décision concrète viendra plus tard : quelle partie de l’usine serait occupée, par quel opérateur, pour quel usage de la chaleur, avec quelles contraintes de chantier et d’exploitation.
À ce stade, l’intérêt de l’AMI tient justement à cette sobriété. Une parcelle clôturée, une usine discrète, un forage possible. Dans les Yvelines, la chaleur locale pourrait donc commencer derrière un portail technique.
Sources consultées
- E-marchespublics / profil acheteur AQUAVESCAppel à manifestation d’intérêt, mise à disposition d’une partie de la parcelle de l’usine de Louveciennes pour le déploiement d’un projet de forage à l’Albien
- Communauté d’agglomération Saint Germain Boucles de SeineEau et assainissement à Louveciennes
- Eaufrance, Observatoire SispeaAQUAVESC, eau potable : Périmètre DSP SEOP
- Géothermies.frGéothermie profonde, fonctionnement et technologies
- MRAe Île-de-France / DRIEATAvis sur le projet de forage à l’Albien situé à Saint-Germain-en-Laye