Un diplôme universitaire annoncé à 8 500 euros, 187 heures de formation, 14 laboratoires à coordonner : à l’UVSQ, l’intelligence artificielle prend une forme plus concrète qu’un mot dans un programme universitaire.
Le 10 juin, sur le campus des sciences de Versailles, l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines organise le premier anniversaire de sa fédération de l’IA. L’événement prévoit des présentations de projets, une table ronde sur les fondements et les applications de l’IA, un échange sur l’éthique, puis une conférence de Stéphane Mallat, médaille d’or 2025 du CNRS. Le rendez-vous vaut surtout pour la question qu’il pose localement : qu’est-ce que l’UVSQ arrive réellement à regrouper sous cette bannière ?
La fédération, inaugurée le 10 juin 2025 après avoir été connue comme “Maison de l’IA”, ne crée pas un laboratoire de plus. Elle sert plutôt de point de raccordement entre des équipes déjà au travail dans des domaines très différents : informatique, santé, climat, environnement, droit, sciences humaines, patrimoine. L’enjeu est simple à formuler, moins simple à réussir : éviter que chaque projet d’IA reste dans son couloir.
Dans les Yvelines, cette fonction de coordination peut compter davantage que le mot “innovation”. Le laboratoire DAVID, rattaché à l’UVSQ, travaille par exemple sur l’apprentissage automatique, les données spatio-temporelles, la confidentialité, la mobilité urbaine ou les bâtiments intelligents. Ces sujets peuvent sembler techniques, mais ils touchent vite des questions ordinaires : mieux prévoir une panne, optimiser un équipement, traiter des masses de données sans perdre de vue la sécurité ou l’usage réel.
L’autre porte d’entrée, plus directe pour les lecteurs, est la formation. L’UVSQ rattache déjà plusieurs masters à l’IA ou à la science des données, de l’actuariat au droit du numérique. Elle prépare aussi un diplôme universitaire en IA, sous réserve de validation, organisé à Versailles d’octobre à mai. Le public visé n’est pas seulement étudiant : techniciens, ingénieurs, cadres, jeunes diplômés ou personnes en reconversion sont aussi mentionnés. À Versailles, l’IA passe donc autant par les compétences que par les laboratoires.
L’UVSQ s’inscrit dans un paysage plus vaste, celui de Paris-Saclay, où l’institut DataIA revendique 800 chercheurs et enseignants-chercheurs issus de 47 laboratoires. Ce chiffre donne l’échelle, mais il ne suffit pas à raconter ce qui se joue à Versailles ou à Saint-Quentin-en-Yvelines. La valeur de la fédération sera plus concrète : aider un chercheur à trouver un partenaire, une formation à coller aux besoins réels, une entreprise ou un service public à identifier le bon interlocuteur.
Après les images médicales ou les données du patrimoine déjà abordées par La Clé Publique, ce nouveau rendez-vous replace l’IA à un autre niveau : non plus un projet isolé, mais une organisation locale. Pour une université, ce n’est pas le plus flamboyant. C’est peut-être le plus utile : savoir qui fait quoi, avec qui, et pour quoi faire. Même les algorithmes ont parfois besoin d’une adresse.