À Mantes Université, la Halle Sulzer n’est plus seulement une grande silhouette industrielle à sauver. En 2024, sa réhabilitation a commencé. Sous sa charpente métallique, le futur pôle universitaire du Mantois doit prendre place, pendant que le quartier se réorganise entre Buchelay, Mantes-la-Jolie et Mantes-la-Ville.
Le rapport d’activité 2024 de l’Epamsa aligne plusieurs avancées de ce type. À Carrières-sous-Poissy, le parc Nelson Mandela a ouvert en juillet, au cœur de Carrières Centralité. La zone d’aménagement couvre 47 hectares ; environ 1 400 logements y sont déjà livrés sur les 3 000 prévus. Un groupe scolaire de 15 classes est aussi à l’étude. Le quartier commence donc à se mesurer à des usages simples : habiter, traverser, emmener un enfant à l’école, trouver un vrai parc.
À Mantes-la-Jolie, l’îlot Lavoisier raconte la même bascule à plus petite échelle. Une friche issue d’un centre commercial partiellement détruit par un incendie a été transformée en lieu ouvert, avec jardins, terrasse, mobilier, jeux au sol et fresques. Une seconde étape doit suivre avec 60 logements collectifs, 12 logements individuels groupés et cinq cellules commerciales. Le sujet n’est pas seulement de reconstruire. Il est de recoudre un morceau de quartier sans le laisser patienter dix ans derrière des palissades.
Le rapport donne aussi le versant économique. À l’Écopôle Seine Aval, la blanchisserie inter-hospitalière de Saint-Germain-en-Laye doit s’installer sur 13 000 m². Le permis de construire a été délivré en novembre 2024, pour des travaux annoncés en 2025 et 140 emplois à la clé. L’Epamsa mentionne aussi l’étude d’un quai partagé sur la Seine, capable de faire passer 250 000 tonnes de marchandises par an par voie fluviale.
Ces projets seraient déjà un sujet local. Ils prennent une autre couleur avec l’évaluation de l’opération d’intérêt national du Mantois Seine Aval, créée en 2007. L’Inspection générale de l’environnement et du développement durable juge désormais pertinent d’y mettre fin, à condition d’organiser la reprise des opérations en cours.
Voilà le vrai point de tension. L’État peut sortir progressivement du grand cadre. Les quartiers, eux, ne sont pas terminés. À Mantes Université, Carrières-sous-Poissy ou sur l’Écopôle, l’enjeu tient en une question simple : qui garde la main, le rythme et les moyens pour finir proprement ce qui a été lancé ?
Le rapport 2024 ne raconte pas une nouvelle promesse pour Seine Aval. Il documente un moment plus délicat : celui où les chantiers doivent cesser d’être portés par une grande architecture publique pour devenir des lieux vraiment utilisables. À Mantes Université, la réponse se verra vite : si la Halle Sulzer devient non seulement un bâtiment sauvé, mais un morceau de ville qui sert vraiment.