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À Versailles Grand Parc, compter les hérissons pour mieux aménager

Versailles Grand Parc relaie un atlas de biodiversité communal, avec un inventaire concret dans la vallée de la Bièvre.

Mare forestière et hérisson

Une mare forestière du bois des Metz n’a pas besoin d’être spectaculaire pour compter. Si des amphibiens y vivent, si des libellules y passent, si le milieu tient encore malgré la ville proche, elle compte pour la commune. C’est le principe d’un atlas de biodiversité : regarder précisément ce qui existe avant de décider comment entretenir, éclairer, planter ou aménager.

Versailles Grand Parc a publié le 19 mai une actualité consacrée à l’Atlas de la Biodiversité Communale, présenté comme un recensement collaboratif de la faune et de la flore locales. L’annonce est courte, mais le sujet a de la matière. L’agglomération rassemble 18 communes, près de 270 000 habitants et 12 400 hectares. Elle rappelle aussi que les espaces agricoles et forestiers représentent environ 46 % de son territoire. La nature locale n’est donc pas cantonnée à quelques parcs bien tenus : elle circule entre vallées, jardins, lisières, bois, bords de route et zones habitées.

Le cas le plus concret se trouve dans la vallée de la Bièvre. Bièvres, Buc et Jouy-en-Josas ont lancé une démarche commune avec le soutien de l’Office français de la biodiversité. Le bureau d’études Urban Eco doit y conduire des inventaires pendant trois ans, sur les habitats et les espèces présentes. Les communes annoncent une attention particulière aux espèces bioindicatrices, à la faune nocturne et aquatique, aux reptiles, aux chauves-souris, aux papillons de nuit, aux rapaces nocturnes et au hérisson.

La liste a son charme. Elle n’est pas décorative. Une haie repérée comme passage pour la petite faune ne se traite pas comme une bordure interchangeable. Une mare où l’on observe amphibiens et libellules peut peser dans un choix d’entretien. La présence de chauves-souris ou de papillons de nuit peut faire regarder autrement l’éclairage. Une plante invasive, si elle est identifiée tôt, donne aux services municipaux une chance d’agir avant que le problème s’installe.

L’atlas sert aussi à combler ce que les communes ne savent pas encore. Les espèces visibles le jour sont plus faciles à raconter que la faune nocturne. Les grands espaces boisés sont plus évidents que les talus, les jardins privés, les cimetières ou les bords de voirie. Or c’est souvent dans ces lieux ordinaires que se joue la continuité écologique d’un territoire très habité.

Les habitants peuvent y contribuer. Bièvres, Buc et Jouy-en-Josas invitent notamment à utiliser PlantNet pour alimenter une base d’observations sur la flore locale. À Buc, une sortie nature était annoncée autour des mares forestières du bois des Metz. À Jouy-en-Josas, une conférence a présenté la démarche et les espèces exotiques envahissantes. Ce sont de petits formats, mais ils donnent à l’atlas une dimension moins descendante : les données ne viennent pas seulement d’un bureau d’études, elles peuvent aussi partir d’un chemin, d’un jardin ou d’une promenade.

Reste l’essentiel : un atlas ne protège rien par magie. Sa valeur dépendra de ce que les communes en feront ensuite. Faucher plus tard, préserver une haie, éviter de banaliser une mare, réduire un éclairage mal placé, choisir des plantations plus adaptées : ce sont ces décisions-là qui diront si le recensement reste une belle page environnement ou devient un vrai outil local. Même les papillons de nuit peuvent finir par peser dans une décision publique.