Le bac gris disparaît en quelques secondes derrière le camion. Ensuite, il sort du décor. Sur le territoire desservi par SITREVA, la suite passe pourtant par des lieux bien réels : une unité de valorisation énergétique, un quai de transfert, une plateforme où mûrissent les mâchefers, ces résidus minéraux qui restent après l’incinération.
Le syndicat installé à Rambouillet prépare une concession de service public pour exploiter cet ensemble et y réaliser des travaux obligatoires. L’avis de marché vise l’unité de valorisation énergétique d’Ouarville, le quai de transfert des emballages ménagers et la plateforme de maturation des mâchefers située à proximité.
La colonne vertébrale du dossier tient en trois chiffres : 687 millions d’euros hors taxes de valeur estimée, une durée prévue du 30 décembre 2027 au 31 décembre 2042, et une option pouvant aller jusqu’à une troisième ligne de valorisation énergétique. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de choisir un exploitant pour faire tourner une usine. Le futur concessionnaire devra aussi maintenir, renouveler, financer et réaliser des travaux qui engagent le service pour longtemps.
L’unité de valorisation énergétique brûle les déchets résiduels pour produire de l’électricité et de la chaleur. Ce n’est pas la partie la plus visible du service public des déchets, mais c’est celle qui engage le plus durablement l’organisation. Les habitants voient les jours de collecte, les bacs, les sacs, parfois les consignes de tri qui changent. Les collectivités, elles, doivent aussi garantir ce qui se passe après : traiter ce qui n’a pas été trié, valoriser ce qui peut l’être, gérer les résidus et tenir les coûts dans la durée.
Le dossier ne permet pas encore de dire si le prochain ramassage changera de visage. L’effet le plus direct sera sans doute moins visible. Les points à surveiller sont plus discrets : la nature exacte des travaux obligatoires, le partage du risque entre SITREVA et l’opérateur, les recettes liées à l’énergie ou aux matériaux récupérés, et la place que prendrait une éventuelle troisième ligne.
La date limite de remise des offres est fixée au 21 septembre 2026 à midi. D’ici là, ce contrat est autant une décision d’infrastructure qu’un marché public. Le bac gris, lui, continuera de sortir sur le trottoir. La vraie question est ce que le territoire décide d’en faire une fois qu’il est parti.