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À Guyancourt, un petit satellite continue de faire descendre le climat sur Terre

Un an après son lancement, UVSQ-SAT NG continue d’envoyer des données climatiques exploitées depuis les Yvelines.

Satellite universitaire en orbite

Plus de 5 400 fois, UVSQ-SAT NG a déjà fait le tour de la Terre. Le petit satellite de l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines file à environ 600 kilomètres d’altitude, mais son histoire ne se joue plus vraiment dans la fusée qui l’a emporté. Elle se joue dans ce qu’il continue d’envoyer au sol.

Lancé le 15 mars 2025 depuis la base de Vandenberg, en Californie, à bord d’une fusée Falcon 9 de SpaceX, UVSQ-SAT NG est le troisième satellite porté par l’UVSQ et le Latmos, le laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales, présent notamment à Guyancourt, pour l’étude du climat. Avant lui, UVSQ-SAT avait été lancé en 2021, puis Inspire-Sat 7 en 2023. En cinq ans, cette équipe yvelinoise a donc installé une continuité en orbite.

Ce qui compte désormais, ce n’est pas seulement que le satellite fonctionne. C’est qu’il mesure encore.

UVSQ-SAT NG observe le bilan radiatif de la Terre, c’est-à-dire l’équilibre entre l’énergie reçue du Soleil et celle que la planète renvoie vers l’espace. Pour le dire simplement, il aide à suivre une des grandes variables du climat. Le satellite embarque aussi un instrument miniaturisé destiné à observer le dioxyde de carbone et le méthane, deux gaz à effet de serre majeurs. Ses caméras ont déjà produit plus de 10 000 images de la Terre.

Le format est presque aussi important que la mission. UVSQ-SAT NG est un CubeSat d’environ dix kilos. Il ne remplace pas les grandes missions spatiales institutionnelles, mais il permet de tester des instruments plus petits, de les faire voler réellement et d’accumuler des séries de mesures. L’UVSQ indique que les données sur le bilan radiatif approchent désormais cinq ans en cumulant les missions précédentes, et qu’elles sont accessibles via la plateforme ouverte NAHLA du Latmos.

C’est là que le sujet revient dans les Yvelines. À Guyancourt, la recherche spatiale ne prend pas seulement la forme d’un laboratoire associé à Paris-Saclay. Elle prend celle d’une chaîne très concrète : concevoir des instruments, les tester, les envoyer en orbite, récupérer les données, les comparer, les rendre utilisables. Le programme est soutenu par le Département des Yvelines et par Saint-Quentin-en-Yvelines. Il sert aussi à former des étudiants à une réalité assez rare : travailler sur un objet scientifique qui quitte effectivement la Terre.

Le lancement a fourni l’image spectaculaire. La suite est moins visible, mais elle dit mieux ce que produit le territoire. Un satellite universitaire ne vaut pas seulement par son décollage réussi. Il vaut par sa capacité à rester exploitable, à transmettre, à tenir dans la durée, à enrichir une série de données au lieu de n’être qu’une prouesse isolée.

Dans les Yvelines, UVSQ-SAT NG donne une forme simple à une expression souvent abstraite : l’écosystème de recherche. Ici, cela veut dire un satellite de dix kilos en orbite, des équipes au sol, des instruments qui mesurent le climat et des données qui continuent d’arriver. Un an après, le plus important n’est pas qu’il soit parti. C’est qu’il travaille encore.