À Élancourt, l’ouverture d’un second site de compostage partagé aux Nouveaux Horizons n’a pas commencé par un grand discours sur les biodéchets. Il a fallu regarder où placer les bacs, consulter les riverains, trouver deux référentes prêtes à suivre le site, expliquer les gestes et rassurer ceux qui craignent les odeurs.
C’est ce travail discret que Saint-Quentin-en-Yvelines veut maintenant organiser à plus grande échelle. L’agglomération a attribué à Organeo un marché d’accompagnement au compostage de proximité. L’avis publié le 9 mai indique une valeur de 1,5 million d’euros et un démarrage prévu le 1er juillet 2026. La prestation porte notamment sur la mise à disposition de guides et de maîtres composteurs.
Depuis le 1er janvier 2024, les collectivités doivent proposer aux habitants une solution pour trier les biodéchets à la source. Sur le papier, l’idée tient en peu de mots : séparer les restes alimentaires du reste des ordures. Dans une résidence, une école ou un quartier, cela demande davantage. Qui explique les consignes ? Qui apporte du broyat ? Qui passe voir si le composteur fonctionne ? Qui répond quand un habitant jette le mauvais déchet ou quand le bac devient un sujet de voisinage ?
SQY a déjà engagé ce travail. L’agglomération propose depuis 2019 des solutions pour les pavillons, l’habitat collectif et les quartiers. En 2024, ses documents recensaient 4 376 foyers dotés et 56 sites de compostage partagé. Pour 2029, l’objectif change d’échelle : 12 000 composteurs individuels, 724 sites en pied d’immeuble et 164 composteurs de quartier.
Le marché attribué à Organeo montre ce qui se joue derrière le mot compostage. Il ne suffit pas de livrer un bac et d’espérer que les habitudes suivent. Dans une copropriété, il peut falloir un vote. Dans un quartier, il faut un emplacement accepté. Dans un immeuble, il faut des référents, des passages réguliers et assez de pédagogie pour que le site ne devienne pas un équipement oublié au fond d’un espace vert.
Le choix de SQY met aussi en lumière une différence importante : le tri des biodéchets peut passer par une collecte séparée, mais il peut aussi se construire près des logements, avec des habitants qui apprennent à gérer une partie de leurs déchets sur place. C’est moins visible qu’une tournée de camions. C’est aussi plus dépendant de la qualité du suivi.
La réussite se verra dans des détails ordinaires : des consignes comprises, des composteurs entretenus, des référents encore présents six mois plus tard, des habitants qui savent à qui poser une question. Pour que le compostage devienne un service utile, il faudra des bacs. Mais surtout, il faudra encore quelqu’un autour.