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A86: le covoiturage se prépare comme une ligne de transport

Versailles Grand Parc relaie une enquête sur une future ligne de covoiturage autour du Duplex A86. Les habitants peuvent signaler leurs trajets.

Arrêt de covoiturage près de l’A86

Sur une ligne de covoiturage, tout commence par un endroit très simple: un arrêt où quelqu’un peut attendre sans se demander s’il va rester planté là vingt minutes.

Versailles Grand Parc a publié, mardi 5 mai, un appel à répondre à une enquête sur une future ligne de covoiturage autour du Duplex A86, entre Versailles, Vélizy, Saint-Quentin-en-Yvelines, Boulogne et le plateau de Saclay. Île-de-France Mobilités et Ecov cherchent à connaître les habitudes de déplacement des habitants, salariés et étudiants proches de cet axe. Le but est simple: vérifier les besoins et la pertinence des futurs arrêts avant de figer le projet.

Ce n’est pas le covoiturage classique, où deux collègues s’organisent la veille. Une ligne de covoiturage fonctionne davantage comme une petite ligne de bus, mais avec les voitures qui circulent déjà. Un passager se rend à un arrêt matérialisé, signale sa destination via une application, ou parfois par SMS sur les lignes existantes, puis attend un conducteur qui passe par là. Sur les premières lignes du plateau de Saclay, Île-de-France Mobilités met aussi en avant une garantie de départ aux heures de pointe si aucun conducteur ne se présente après un certain délai.

Dans les Yvelines, l’A86 n’est pas un axe lointain: elle relie des trajets quotidiens vers Vélizy, Versailles, Saint-Quentin-en-Yvelines, Boulogne ou Saclay. Le corridor à l’étude comprend notamment l’axe Nanterre-Versailles/Saclay via le Duplex A86, mais aussi d’autres liaisons qui touchent l’ouest francilien, dont Boulogne-Billancourt-Saint-Quentin-en-Yvelines et Houdan-Saint-Quentin-en-Yvelines. Autrement dit, le projet vise précisément ces trajets qui ne rentrent jamais très bien dans une seule case: trop longs ou trop indirects pour le vélo, parfois mal couverts par les transports collectifs, mais déjà faits chaque matin par des voitures à moitié vides.

L’intérêt du dispositif est plus modeste, donc plus crédible: il ne prétend pas supprimer la voiture, mais remplir une partie des sièges déjà en circulation. Dans les Yvelines, le Département avait déjà accompagné les premières lignes franciliennes entre la vallée de Chevreuse, Saint-Quentin-en-Yvelines, Vélizy et le plateau de Saclay, avec 16 arrêts répartis entre les Yvelines et l’Essonne. L’idée était de compléter les transports existants là où les correspondances, les ruptures de charge et les temps de parcours découragent les usagers.

Mais une ligne de covoiturage ne marche pas par décret. Elle dépend de la précision des arrêts, des horaires réels des salariés, de la confiance accordée au service, de la lisibilité du prix et de la présence d’assez de conducteurs au bon moment. C’est pour cela que l’enquête compte: elle sert moins à demander un avis général sur le covoiturage qu’à repérer les points où le service peut devenir crédible.

Pour un habitant de Versailles Grand Parc, un salarié de Vélizy ou un étudiant allant vers Saclay, répondre à l’enquête permet donc de faire remonter une information très pratique: le trajet que l’on fait déjà, l’endroit où l’on pourrait monter, celui où l’on pourrait descendre, et les horaires où une voiture part avec trois sièges libres.

Le projet n’effacera pas les bouchons de l’ouest francilien. Ce serait promettre trop. Mais si les arrêts sont bien choisis et le service assez fiable, il peut corriger une absurdité très visible de l’ouest francilien: des milliers de sièges libres qui avancent chaque matin vers les mêmes pôles d’emploi.