
Sept communes du Val-de-Marne se voient refuser la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour les inondations du 27 août 2026. Pourtant, dans le même arrêté publié le 23 octobre, six communes de Seine-et-Marne obtiennent cette reconnaissance pour des inondations survenues le même jour. La différence ne tient pas à un décompte des dégâts, mais à la rareté statistique des précipitations.
Alfortville, Bry-sur-Marne, Chevilly-Larue, L’Haÿ-les-Roses, Ivry-sur-Seine, Maisons-Alfort et Villejuif ont toutes essuyé le même refus. L’État considère que les cumuls de pluie y présentent une « période de retour inférieure à dix ans ». À La Chapelle-Gauthier, au Châtelet-en-Brie ou à Juilly, en Seine-et-Marne, les pluies du 27 août ont été jugées statistiquement plus rares, avec une période de retour supérieure à dix ans. Les demandes y ont donc été acceptées.
Ce que mesure l’État, et ce que subissent les habitants
Une pluie dite décennale a, statistiquement, une chance sur dix d’être atteinte ou dépassée chaque année. La reconnaissance au titre des inondations par ruissellement repose notamment sur ce seuil d’intensité exceptionnelle.
Or, une pluie moins rare peut tout de même provoquer des inondations importantes. La topographie, l’imperméabilisation des sols et les capacités d’évacuation des eaux influencent les conséquences d’un orage.
À Villejuif, après l’orage, la mairie signalait encore des risques d’inondation liés à des réseaux d’évacuation engorgés ou bouchés. Des interventions étaient en cours avec les services du Grand Orly Seine Bièvre pour déboucher les avaloirs.
La reconnaissance Cat Nat dépend de l’intensité anormale du phénomène naturel, pas de la seule ampleur des dégâts.
Ce que le refus change pour les assurances
La garantie légale « catastrophes naturelles » ne peut pas être mobilisée pour les inondations et coulées de boue du 27 août dans ces sept communes.
Cela ne signifie pas que tous les dégâts de l’orage restent sans indemnisation. Une toiture arrachée par le vent, par exemple, relève normalement de la garantie tempête. Les dommages provoqués par la grêle peuvent également être couverts. En revanche, une entrée d’eau par ruissellement depuis la rue ne bénéficie pas de cette même garantie. Une éventuelle prise en charge dépend alors des autres protections expressément prévues au contrat.
Un même orage peut donc entraîner des réponses différentes de l’assureur selon l’origine de chaque dommage. Pour déclarer leur sinistre, les habitants ont intérêt à décrire séparément les dégâts dus au vent, à la grêle ou à l’eau, avec des photographies à l’appui.
Les refus peuvent encore être contestés. Les communes disposent de deux mois à compter de la notification de la décision pour saisir le tribunal administratif ; les autres personnes intéressées disposent de deux mois à compter de sa publication. Les rapports d’expertise météorologique sont également communicables sur demande auprès des services de l’État.
L’arrêté ne publie ni les cumuls de pluie précis ni les données utilisées pour chaque commune. Ces rapports permettraient d’examiner les évaluations météorologiques à l’origine des sept refus du Val-de-Marne, et notamment ce qui les distingue des reconnaissances accordées en Seine-et-Marne.
Sources consultées
- Légifrance, Journal officielArrêté du 16 octobre 2026 portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle
- Ville de VillejuifOrage et vents violents du jeudi 27 août
- France AssureursTempête : questions-réponses sur votre assurance
- France AssureursParticuliers | Inondations : questions-réponses sur votre assurance en cas de catastrophe naturelle
- Météo-FrancePluies intenses : un suivi en temps réel et une prévision des pluies à 3 heures à l'échelle des communes