
Au 183 avenue de la République, à Villejuif, les Restos du Cœur ne distribuent plus seulement de la nourriture. Des permanences du Centre communal d’action sociale (CCAS) et du centre municipal de santé se tiennent désormais sur place, en alternance les jours de distribution. Les services sociaux et médicaux viennent ainsi au contact des personnes qui fréquentent déjà le centre.
Il y a encore quelques mois, les bénéficiaires attendaient leur panier alimentaire dans la rue, sous le regard des passants. Certains préféraient renoncer à l’aide plutôt que de s’exposer, selon le maire Pierre Garzon.
Le déménagement du 10 mars dans un bâtiment de la ferme urbaine, face au parc des Hautes-Bruyères, a changé ces conditions d’accueil. « Avant, tout se voyait. Ici, ils arrivent sans être exposés », expliquait en mai Sandrine Monfray, coresponsable bénévole du centre, dans une publication de la Ville.
Cette installation s’inscrit dans l’aménagement de la ferme urbaine de Villejuif. Depuis, une autre évolution s’est concrétisée : les permanences sociales et médicales, encore annoncées comme futures au printemps, fonctionnent désormais. Leur mise en place a été confirmée lors de l’inauguration officielle du 16 octobre.
Un lieu où l’on peut aussi demander autre chose
Le CCAS de Villejuif assure une permanence tous les quinze jours. Des médecins du centre municipal de santé interviennent également sur le site, où des dentistes mènent des actions de prévention. Les horaires précis et les modalités d’accès à ces permanences n’ont pas été publiés.
Les bénévoles connaissent les familles, leurs difficultés, parfois leurs habitudes. Cette familiarité peut faciliter un premier échange sur des démarches sociales ou des besoins de santé.
L’accueil repose sur quelque 70 bénévoles. Dans un reportage publié le 21 octobre par 94 Citoyens, un bénéficiaire explique avoir eu recours aux Restos après un accident du travail suivi d’une rupture de contrat. L’aide alimentaire lui permet de préparer plusieurs jours de repas, mais il insiste aussi sur la chaleur de l’accueil.
Le centre accueille également parmi ses bénévoles des personnes suivies à l’hôpital de jour Paul-Guiraud. Une bénéficiaire a aussi proposé d’y organiser un atelier de couture, une manière de participer plutôt que de simplement recevoir.
Cinq villes, un même lieu d’entraide
Le centre accompagne près d’un millier de familles venues de Villejuif, Cachan, Arcueil, Chevilly-Larue et L’Haÿ-les-Roses. Son fonctionnement dépasse donc largement les frontières communales.
La Ville de Villejuif a financé les travaux de réhabilitation, pour 400 000 euros. Un éventuel cofinancement par les autres communes n’est pas acté. À L’Haÿ-les-Roses, le maire Clément Decrouy envisage, lui, d’envoyer son propre CCAS tenir des permanences.
Les familles font déjà le trajet jusqu’à l’avenue de la République pour recevoir leur panier alimentaire. Les services publics commencent, eux aussi, à venir à leur rencontre.
Sources consultées
- Ville de VillejuifLes Restos du cœur : à l'heure du renouveau
- Ville de VillejuifUn nouveau lieu de vie pour les Restos du Cœur de Villejuif
- 94 Citoyens, Cécile DuboisDepuis la ferme urbaine de Villejuif, les Restos du coeur aident un millier de familles sur cinq villes
- Les Restos du Cœur du Val-de-MarneCentres départementaux, centre d'activités Villejuif