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Thermo-sur-Seine : face au projet d’incinérateur, le Grand-Orly Seine Bièvre prépare sa contre-expertise

Le Grand-Orly Seine Bièvre demande l’abandon de la chaufferie prévue à Vitry-sur-Seine et annonce deux études pour examiner ses impacts et les choix énergétiques.

Illustration - Chaufferie industrielle aux Ardoines

Le Grand-Orly Seine Bièvre ne veut plus seulement protester contre Thermo-sur-Seine. Le 15 octobre, son conseil territorial, qui représente 24 communes, a adopté à l’unanimité des membres présents un vœu demandant l’abandon de la future chaufferie des Ardoines, à Vitry-sur-Seine. Surtout, l’intercommunalité engage deux études pour examiner ses conséquences et réfléchir à d’autres choix énergétiques.

Les collectivités concernées cherchent désormais à produire leurs propres analyses face à un projet conçu pour alimenter le réseau de chaleur grand parisien.

Un milliard d’euros à Vitry, une décision pilotée par Paris

Thermo-sur-Seine prévoit une chaufferie de trois lignes de combustion de 111 MW chacune, utilisant des déchets non recyclables préparés en combustibles solides de récupération (CSR) et du bois de récupération traité. Elle produirait environ 1,6 TWh de chaleur par an, acheminée vers un réseau desservant Paris et 16 autres communes.

L’investissement annoncé atteint 1,2 milliard d’euros, dont un milliard pour la chaufferie de Vitry et 200 millions pour une plateforme logistique à Ris-Orangis. Les premières mises en service sont envisagées à partir de 2031.

Mais la Ville de Paris est l’autorité concédante du réseau, tandis qu’une société d’économie mixte à opération unique (SEMOP) porte le projet. Ni Vitry ni le Grand-Orly Seine Bièvre ne peuvent en décider seuls l’abandon.

Cette répartition des pouvoirs était déjà au cœur de la question soulevée par la votation prévue à Vitry le 6 décembre. Le vote du 15 octobre ajoute une initiative : produire des éléments susceptibles de contester les choix du maître d’ouvrage.

Deux études pour discuter les choix industriels

La première étude doit examiner les incidences sanitaires et environnementales de Thermo-sur-Seine. La présidente de l’intercommunalité, Méhadée Bernard, avait annoncé dès septembre son intention de recourir à une expertise indépendante.

La seconde s’inscrit dans la préparation d’une stratégie énergétique territoriale. L’objectif est d’examiner ensemble les besoins de chaleur, le traitement des déchets et les possibilités de réduire le recours aux énergies fossiles.

Méhadée Bernard a confié à Stéphanie Daumin, vice-présidente chargée notamment de l’énergie, la préparation de cette stratégie territoriale.

Ces études sont distinctes du comité d’experts annoncé par la mairie de Vitry et des évaluations environnementales que doit réaliser le maître d’ouvrage pour obtenir ses autorisations.

Elles doivent permettre à l’intercommunalité de confronter les choix industriels aux besoins du territoire, à partir de ses propres analyses plutôt que des seuls documents du maître d’ouvrage.

L’ordre du jour officiel du conseil territorial allait d’ailleurs plus loin que la demande d’abandon : le vœu inscrit au vote portait également sur le refus de toute alternative reposant sur la combustion de déchets.

Une alternative doit aussi produire de la chaleur

Les promoteurs de Thermo-sur-Seine veulent remplacer une partie de la production assurée au gaz par une chaleur issue de combustibles de récupération. Ils soutiennent que la géothermie ou d’autres énergies renouvelables ne peuvent, à elles seules, fournir les volumes de vapeur nécessaires au réseau existant.

Ils défendent aussi Vitry pour ses raccordements énergétiques et son accès à la Seine, après avoir examiné une dizaine d’implantations.

Refuser la combustion de déchets oblige donc à trouver d’autres moyens de produire cette chaleur, avec des choix à faire sur les coûts, les délais et les sites possibles.

De son côté, le Grand-Orly Seine Bièvre doit concilier cette question énergétique avec la transformation des Ardoines : logements, nouvelles mobilités, activités économiques et reconversion des terrains de l’ancienne centrale EDF. La production de chaleur bénéficie à un vaste réseau ; les installations industrielles, elles, occupent des lieux précis.

Un calendrier qui laisse peu de temps

La concertation préalable, organisée sous l’égide de la Commission nationale du débat public, se termine le 1er novembre. Les habitants peuvent encore déposer leur contribution sur la plateforme officielle.

Les garants doivent publier leur bilan au plus tard le 1er décembre. Le maître d’ouvrage disposera ensuite de deux mois pour expliquer les suites qu’il entend donner au projet. Une enquête publique est envisagée en 2027 si celui-ci se poursuit.

Le Grand-Orly Seine Bièvre peut déjà contribuer à la concertation, notamment par un cahier d’acteur. Le calendrier et les moyens de ses deux études n’ont toutefois pas encore été précisés.

Leurs conclusions pourraient ensuite alimenter les procédures d’autorisation, avant toute construction de la chaufferie sur les terrains de l’ancienne centrale EDF des Ardoines.

Sources consultées
  1. Grand-Orly Seine BièvreLe Territoire se prononce contre le projet Thermo-sur-Seine
  2. Grand-Orly Seine BièvreVote du vœu demandant l'abandon du projet Thermo-sur-Seine
  3. Grand-Orly Seine BièvreConseil territorial du 15 octobre 2026, avis de convocation et ordre du jour
  4. Commission nationale du débat public / LégifranceDécision n° 2026/57/THERMO SUR SEINE/2 du 1er juillet 2026
  5. Énergies du Grand Paris / Thermo-sur-SeineLes principes et enjeux du projet