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Antisémitisme à l’UPEC : un signalement annoncé, des engagements pris en 2023

Après des faits antisémites dénoncés à Créteil, le ministre annonce un signalement au procureur. L’UPEC avait déjà promis une réponse judiciaire et disciplinaire en 2023.

Illustration du campus de l'UPEC

À l’Université Paris-Est Créteil (UPEC), des messages antisémites et des croix gammées dénoncés par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont provoqué une réaction du ministre de l’Enseignement supérieur. Jeudi 8 octobre, Philippe Baptiste a annoncé que ces faits seraient signalés au procureur de la République. Une procédure à laquelle l’université s’était déjà engagée publiquement, près de trois ans auparavant.

Une promesse formulée dès novembre 2023

Le 8 novembre 2023, après des menaces antisémites attribuées à des étudiants, la présidence de l’époque avait annoncé une réponse systématique : signalement immédiat au procureur et engagement de poursuites disciplinaires.

L’université s’engageait alors à identifier les auteurs des faits et à agir sur deux plans distincts, judiciaire et disciplinaire.

Les nouveaux incidents dénoncés cette semaine s’inscrivent dans un contexte différent. Selon Le Parisien, les premiers messages remontent au 1er octobre, avant le blocage du campus centre. Dans un groupe WhatsApp consacré à la mobilisation étudiante, qui réunirait environ un millier de personnes, un participant aurait appelé à brûler des personnes qualifiées de « sionistes ».

L’UEJF dénonce également des croix gammées dessinées pendant un cours en visioconférence. Les auteurs présumés n’ont pas été identifiés et leur appartenance à l’université n’est pas établie. Ces agissements ne peuvent donc être attribués à l’ensemble des étudiants mobilisés.

Signaler les faits, protéger les personnes

Depuis septembre 2024, l’UPEC a modifié son dispositif d’accompagnement des victimes et témoins de violences ou de discriminations. L’association France Victimes intervient désormais dans l’accueil, l’écoute et l’orientation des personnes concernées. Victimes et témoins peuvent aussi adresser directement leur signalement à l’université.

L’UPEC examine les signalements reçus. Selon les faits, la présidence peut décider de mesures de protection immédiates, ouvrir une enquête administrative, engager une procédure disciplinaire ou transmettre le dossier aux autorités judiciaires. Plusieurs de ces démarches peuvent être menées parallèlement.

L’annonce de Philippe Baptiste concerne ce dernier volet. L’article 40 du code de procédure pénale impose aux autorités publiques de signaler les crimes ou délits dont elles prennent connaissance dans l’exercice de leurs fonctions. Le procureur décide des suites judiciaires. Le ministre annonce cette transmission, sans confirmer qu’elle a déjà été effectuée.

Il a également salué la mobilisation de l’UPEC. Les mesures précisément prises par l’établissement à la suite des incidents d’octobre ne sont toutefois pas détaillées publiquement.

Pour les étudiants ou personnels victimes ou témoins, l’université met à disposition une fiche de signalement des violences et discriminations, ainsi qu’une ligne d’accompagnement assurée par France Victimes au 01 41 83 42 09, du lundi au vendredi, de 9 h à 21 h.

À Créteil, un étudiant ou un enseignant pris pour cible peut demander à l’UPEC de le protéger sans attendre que la justice se prononce.

Sources consultées
  1. Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieurDéclaration publique du 8 octobre 2026, relayée par l'UEJF
  2. Université Paris-Est CréteilMessage de la présidence de l'UPEC, 8 novembre 2023
  3. Le ParisienDes croix gammées dessinées en pleine visio : l'UEJF dénonce des messages antisémites à l'université de Créteil
  4. Université Paris-Est CréteilUPEC Le Mag, numéro 7, décembre 2024, page 4
  5. Université Paris-Est CréteilCellule Stop violences et discriminations
  6. LégifranceCode de procédure pénale, articles 40 et 40-1