
À Alfortville, le jumelage avec El Biar, commune des hauteurs d’Alger, a quinze ans. Depuis 2022, cette relation municipale prend aussi la forme d’un rendez-vous culturel récurrent. Après la littérature, puis la musique et la danse, la troisième Biennale franco-algérienne s’est ouverte vendredi 3 octobre avec un nouveau fil conducteur : le cinéma algérien.
Ce dimanche, le POC en donne la première traduction à l’écran. À 15 h, Mascarades de Lyes Salem est présenté par le producteur et critique Ahmed Bedjaoui, parrain de l’édition. À 17 h suit Le Harem de madame Osmane de Nadir Moknèche. Les séances coûtent 5 €, ou 3 € au tarif réduit, et le POC maintient la réservation en ligne ainsi que la vente sur place vingt minutes avant la projection. Réserver Mascarades ou réserver Le Harem de madame Osmane.
La biennale donne ainsi une suite assez inhabituelle à un jumelage signé le 1er avril 2011 après un premier protocole d’amitié avec El Biar. Sa commissaire, Aïcha Mokdahi, présente la manifestation, lancée en 2022, comme un prolongement culturel de cette relation. Les archives municipales montrent que cette première séquence franco-algérienne occupait déjà plusieurs lieux de la ville : Yasmina Khadra rencontrait le public à la médiathèque Simone-Veil avant une séance de dédicaces à l’espace Le 148, tandis que le POC programmait notamment De nos frères blessés.
L’édition 2026 resserre le regard sur le cinéma. Le programme court jusqu’au 4 décembre et mêle films, rencontres, exposition d’affiches, concerts et conférences. Des classiques aux œuvres récentes, il fait circuler plusieurs générations du cinéma algérien et franco-algérien.
Le 17 octobre montre surtout comment la biennale rejoint une mémoire déjà inscrite dans Alfortville. La ville commémorera les 65 ans de la répression du 17 octobre 1961 quai Blanqui, avant une conférence animée par Nacer Kettane et la projection gratuite de Nuit noire d’Alain Tasma. Ce rendez-vous ne naît pas avec la biennale : en 2025 déjà, Alfortville invitait les habitants à se recueillir devant l’arbre du souvenir planté en 2022 sur l’île au Cointre.
À Alfortville, ce jumelage a donc laissé des traces dans plusieurs lieux : des livres à la médiathèque, des artistes au 148, des commémorations quai Blanqui et, cette année, des films au POC.
Ce dimanche, il passe par le grand écran. À 15 h, Mascarades ouvrira l’après-midi de projections au POC.