
À Rungis, deux pianos ne sont pas une curiosité glissée au milieu d’un programme. Ils sont le programme. Jusqu’au dimanche 4 octobre, la septième édition de Piano Piano occupe le Théâtre de Rungis, le Conservatoire et la Grange Sainte-Geneviève avec une seule spécialité : le répertoire pour deux pianos et quatre mains.
Le festival est né en 2020 autour de Ludmila Berlinskaïa et Arthur Ancelle, deux pianistes rungissois qui jouent eux-mêmes en duo. La Ville le soutient financièrement depuis sa création. Le pari était suffisamment étroit pour sembler risqué : consacrer plusieurs jours non pas au piano en général, mais à une pratique précise, avec son répertoire, ses interprètes et ses contraintes. Sept éditions plus tard, le festival s’appuie aussi sur une académie pour jeunes duos.
Le week-end rassemble ces différents niveaux de pratique. Samedi matin, quatre jeunes duos de l’Académie Piano-Piano jouent au Conservatoire. L’après-midi, « Petites mains » fait travailler le jeu collectif à quatre, six ou huit mains avec des élèves. Dimanche, la scène passe aux pianistes amateurs. Professionnels confirmés, musiciens en formation et amateurs se retrouvent ainsi autour du même exercice : jouer ensemble, sur un clavier partagé ou deux instruments face à face.
L’édition 2026 pousse cette idée de transmission jusque dans son répertoire. Elle rend hommage à Vitya Vronsky et Victor Babin, duo majeur du XXe siècle. Les jeunes artistes de l’Académie interprètent notamment des pièces composées par Babin. L’histoire du piano à deux ne sert donc pas seulement de thème au festival : elle passe directement dans les mains de musiciens qui essaient d’en faire leur propre pratique.
Il reste trois jours pour voir cette mécanique à l’œuvre. Vendredi soir, « The Man I Love » est programmé à la Grange Sainte-Geneviève. « Petites mains », samedi, et « Amateurs Virtuoses », dimanche matin, sont gratuits. Les concerts payants vont de 10 à 25 euros, avec des tarifs réduits de 7 à 18 euros et la gratuité pour les moins de 10 ans. La billetterie officielle permet de vérifier les disponibilités et de réserver.
Dimanche après-midi, Berlinskaïa et Ancelle refermeront l’édition au Théâtre de Rungis avec Debussy tandis que l’illustrateur Grégoire Pont dessinera en direct sur écran. Deux pianistes, deux claviers et un trait qui se construit devant le public : une dernière façon de montrer pourquoi, à Rungis, le piano à deux a fini par trouver sa propre scène.