
Ce 30 septembre marque une échéance assez différente d’une simple date de chantier à Ivry-sur-Seine. En février, le Bureau du Syctom avait autorisé la prolongation de l’exploitation de l’ancien incinérateur jusqu’à la mise en service de L’Interval, et « au plus tard » jusqu’au 30 septembre 2026. Cette décision augmentait de 32,54 millions d’euros HT le montant prévisionnel du marché d’exploitation. Or L’Interval n’est pas encore en service industriel : le Syctom affiche désormais une échéance au plus tard en novembre.
Le Syctom prévoit de maintenir l’ancienne usine en fonctionnement jusqu’au démarrage de sa remplaçante. Il indique par ailleurs avoir engagé, depuis mai 2024, 29,43 millions d’euros HT de gros entretien et de réparation pour conserver l’installation en état. Cette dépense est distincte de l’augmentation du marché d’exploitation autorisée en février. Les informations publiques consultées ne précisent pas encore quel cadre contractuel couvre l’exploitation au-delà du 30 septembre, ni son coût.
L’installation traite les déchets d’un bassin d’environ 1,4 million d’habitants. L’actuel centre d’Ivry-Paris XIII, mis en service en 1969 puis modernisé à plusieurs reprises, doit céder la place à une usine nettement plus petite : L’Interval pourra incinérer 350 000 tonnes d’ordures ménagères résiduelles par an, soit deux fois moins. Elle produira aussi de la chaleur destinée au réseau urbain et de l’électricité.
Le retard ne tient donc pas à quelques finitions de bâtiment. La nouvelle usine est en phase d’essais et sa mise en service doit attendre la validation de ses conditions techniques et de sécurité. Le démarrage d’une unité de valorisation énergétique oblige notamment à régler ensemble les fours-chaudières, le traitement des fumées et les équipements qui transforment la vapeur en électricité et en chaleur. Les essais ont notamment été interrompus pendant quatre mois avant la reprise des opérations techniques au printemps.
Garder l’ancienne usine disponible constitue aussi un choix économique. Dans une déclaration publiée en janvier, le Syctom évaluait son coût de traitement à 67 euros par tonne jusqu’en septembre, contre 135 euros dans L’Interval et 140 euros sur des sites extérieurs. Il indiquait surtout que, pour les quantités concernées, l’alternative au maintien d’Ivry serait l’enfouissement. Ces chiffres n’ont cependant pas été actualisés pour la période qui commence en octobre.
La mise en service de L’Interval ne fera pas disparaître cette contrainte de capacité. En divisant par deux la capacité d’incinération d’Ivry, le Syctom fait aussi dépendre davantage son système de la réduction des déchets résiduels, du tri des biodéchets et d’une réorganisation des flux entre ses installations. Son rapport d’orientation budgétaire de 2026 présente déjà cette baisse de capacité comme un changement durable de fonctionnement.
Le 30 septembre n’était donc pas seulement une date promise pour L’Interval. C’était également le terme jusqu’auquel le Syctom avait formellement organisé et financé la prolongation de sa vieille usine. À Ivry, les deux installations restent côte à côte au-delà de cette borne, l’une encore nécessaire au service quotidien, l’autre pas encore prête à prendre définitivement sa place.
Sources consultées
- SyctomBureau syndical du 6 février 2026, prolongation de l’exploitation de l’UIOM d’Ivry-Paris XIII
- SyctomL’Interval, un nouveau centre de valorisation énergétique à Ivry/Paris XIII
- SyctomL’Interval : ajustement du calendrier de mise en service
- SyctomDéclaration du Syctom
- SyctomReprise des opérations de chasse vapeur à L’Interval à partir du 25 mars