
Au complexe sportif Octave-Lapize de Villiers-sur-Marne, un terrain de football doit être déplacé d’une vingtaine de mètres pendant les travaux, puis restitué à l’identique. Sur ce même site, le Sipperec prévoit quatre forages profonds et une centrale géothermique. La chaleur partirait ensuite par un réseau de 33 km vers Villiers, Bry-sur-Marne et Noisy-le-Grand. L’enquête publique sur les forages est ouverte jusqu’au 22 octobre.
Sous le complexe sportif, deux puits doivent aller chercher l’eau chaude du Dogger, une couche calcaire située localement entre 1 600 et 1 800 mètres de profondeur. Deux autres la réinjecteraient après récupération de sa chaleur. Des pompes à chaleur compléteraient la géothermie, avec des chaudières au gaz pour l’appoint.
L’étude de faisabilité présentée fin 2024 évaluait les besoins à environ 149 GWh par an, dont 50 % à Noisy-le-Grand, 29 % à Villiers et 21 % à Bry. Environ 20 000 équivalents-logements pouvaient alors être raccordés. Villiers devait donc accueillir les quatre têtes de puits et la centrale tandis que la moitié de la chaleur prévue était destinée à Noisy-le-Grand.
Les documents successifs ne retiennent pas exactement la même production annuelle. Le registre d’enquête annonce aujourd’hui plus de 160 GWh par an à la mise en service et 74 % d’énergies renouvelables et de récupération à terme. Un marché de maîtrise d’œuvre publié en septembre 2025 utilisait encore une référence de 149 GWh à l’horizon 2030. Ces deux valeurs ne sont pas présentées avec des hypothèses suffisamment comparables pour en déduire une hausse certaine de la taille du projet. Les premières phases pourraient entrer en service en 2029.
En avril 2025, le Sipperec évaluait les investissements à environ 108 millions d’euros hors taxes, avec une hypothèse de 40 % de subventions, soit 43,2 millions d’euros. Ce chiffrage précède la phase actuelle de maîtrise d’œuvre et d’autorisation ; aucun coût global 2026 plus récent n’a été identifié dans les documents publics consultés.
Octave-Lapize était déjà retenu comme site de forage en juin 2024, lorsque Villiers-sur-Marne avait autorisé le Sipperec à engager les études et procédures sur une partie du terrain d’honneur. Les documents publics retrouvés n’exposent toutefois pas de comparaison détaillée entre ce site et d’éventuels autres emplacements.
La technique elle-même n’a rien d’expérimental dans l’est francilien. L’ADEME recensait 54 installations de géothermie profonde actives en Île-de-France en 2025, concentrées notamment dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis. La particularité de Marnéo tient davantage à son échelle et à son organisation : une ressource puisée en un point, une centrale installée dans une commune, puis des dizaines de kilomètres de canalisations pour mutualiser la chaleur entre trois villes.
Pour l’instant, les quatre puits ne sont pas autorisés. L’enquête porte sur une demande d’autorisation de recherche de gîte géothermique dans un périmètre couvrant six communes et sur une autorisation environnementale d’ouverture de travaux miniers à Villiers. Si les forages sont concluants, l’exploitation du gîte devra ensuite faire l’objet d’une procédure distincte. Jusqu’au 22 octobre à 17 heures, chacun peut déposer une contribution sur le registre numérique de l’enquête.
À Octave-Lapize, la géothermie aura donc d’abord une forme beaucoup moins abstraite qu’un pourcentage d’énergie renouvelable : un terrain déplacé, quatre têtes de puits et une centrale. Si les autorisations et les forages aboutissent, c’est depuis ce morceau de Villiers que la chaleur partira vers trois villes.
Sources consultées
- Registre NumériqueGéothermie sur le complexe sportif Octave Lapize à Villiers-sur-Marne
- Préfecture du Val-de-MarneGéothermie à Villiers-sur-Marne : ouverture d’une enquête publique
- SipperecProcès-verbal du comité syndical du 3 avril 2025
- Ville de Bry-sur-MarneProcès-verbal du conseil municipal du 10 décembre 2024
- BOAMPAvis de marché n° 25-100550
- ADEME Île-de-FranceGéothermie profonde en Île-de-France