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Prématurité : à 10 ans, certains besoins apparaissent après cinq années sans aide

Une étude nationale menée avec une néonatalogiste du CHI de Créteil montre que certains besoins de soins ou de soutien scolaire n’apparaissent qu’après 5 ans.

Illustration sur le suivi des prématurés

Au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, Véronique Pierrat, néonatalogiste et chercheuse Inserm, est la première autrice d’une nouvelle étude sur le devenir des enfants nés prématurément. Parmi ceux qui ne recevaient ni soins liés au développement ni soutien scolaire à 5 ans, 27 % en bénéficient à 10 ans. À l’inverse, 57 % de ceux qui étaient déjà accompagnés à 5 ans le sont encore cinq ans plus tard.

Publiée le 10 septembre dans eClinicalMedicine, l’étude repose sur EPIPAGE-2, une cohorte nationale constituée en 2011 pour suivre des enfants nés avant 35 semaines de grossesse. Le nouveau bilan porte sur 2 181 enfants prématurés, comparés à plus de 7 000 enfants nés à terme de la cohorte Elfe. Les informations sur le comportement, les soins, la scolarité et la vie sociale ont été recueillies auprès des parents par téléphone.

Le recul de dix ans change ce que les chercheurs peuvent observer. Le précédent bilan, à 5 ans et demi, avait déjà documenté des difficultés neurodéveloppementales et un recours fréquent à des prises en charge spécialisées. Le nouveau suivi distingue désormais ce qui persiste de ce qui apparaît plus tard. Une absence d’aide au début de la scolarité ne signifie donc pas nécessairement que l’enfant n’en aura pas besoin quelques années après.

À 10 ans, 23 % des enfants nés prématurément bénéficient d’un soutien scolaire, contre 12 % des enfants nés à terme. Chez les enfants nés entre 24 et 26 semaines, près d’un sur deux reçoit encore au moins un soin lié à une difficulté de développement. Les écarts existent donc toujours à l’âge où l’école et la vie sociale occupent une place beaucoup plus importante.

L’intérêt scientifique vient de cette capacité à suivre la même génération pendant une décennie. Une cohorte longue permet de mesurer des trajectoires que les bilans de la petite enfance ne peuvent pas encore révéler. Les auteurs recommandent ainsi un suivi personnalisé des enfants prématurés, particulièrement des plus prématurés, au-delà de l’enfance et jusqu’à la transition vers l’adolescence.

L’ancrage dans le Val-de-Marne est précis. Les résultats sont nationaux, mais le CHI de Créteil figure parmi les institutions associées à l’étude et Véronique Pierrat cumule une affiliation à son service de médecine néonatale et à l’équipe de recherche OPPaLE du Centre de recherche en épidémiologie et statistiques.

À Créteil, cette articulation entre néonatalogie et recherche permet de suivre ce qui change plusieurs années après la naissance, y compris chez des enfants qui n’avaient encore besoin d’aucune aide à 5 ans.

Sources consultées
  1. eClinicalMedicineOutcome at ten years of children born preterm: the Epipage-2 and Elfe cohort studies
  2. InsermSuivi à 10 ans des enfants nés prématurément : des enfants en bonne santé mais qui requièrent une attention particulière
  3. Institut national d’études démographiquesSuivi à 10 ans des enfants nés prématurément