
Samedi 5 septembre vers 22h30, une bouteille contenant, selon les premières informations communiquées par la direction, de l’acide chlorhydrique a été lancée dans les locaux RATP de La Varenne-Chennevières, à Saint-Maur-des-Fossés. Une détonation a suivi. La CGT-RATP indique que l’entreprise a porté plainte. Le Parisien, qui dit avoir consulté un courrier de la direction, rapporte qu’aucun salarié n’a été blessé ni directement exposé et qu’une enquête a été ouverte.
L’incident a touché un espace de travail situé au premier étage du bâtiment : l’« attachement » des conducteurs rattachés à La Varenne, où ceux-ci prennent leur service. Cette partie du RER est presque invisible pour les voyageurs, mais elle appartient à l’infrastructure quotidienne de la ligne au même titre que les quais ou les postes techniques.
La CGT-RATP affirme que la « défectuosité récurrente » des accès aux locaux de conduite de la ligne A et du RER préoccupait déjà les représentants du personnel avant l’incident. Elle demande de déterminer si ces problèmes ont pu rendre le site plus vulnérable et réclame une sécurisation durable des accès ainsi que des dispositifs empêchant la projection d’objets à l’intérieur. Elle ne précise toutefois pas si le site de La Varenne lui-même avait fait l’objet d’un signalement antérieur.
Le syndicat a déposé une alarme sociale et indique qu’un élu de la commission santé, sécurité et conditions de travail a exercé un droit d’alerte pour danger grave et imminent. Cette procédure produit une conséquence précise : le Code du travail impose à l’employeur d’enquêter immédiatement avec le représentant qui a signalé le danger et de prendre les dispositions nécessaires pour y remédier.
Le mécanisme de l’incident, son auteur et ses motivations restent inconnus. Rien ne permet donc d’affirmer qu’une défaillance des accès l’a rendu possible. Le droit d’alerte impose en revanche d’enquêter sur le danger signalé. La CGT demande notamment des protections matérielles durables.
À La Varenne, l’enquête sur l’acte lui-même se double ainsi d’un examen beaucoup plus terre à terre : savoir si les locaux où les conducteurs commencent leur service étaient correctement protégés et, si ce n’était pas le cas, ce qui doit être corrigé.