
Au MAC VAL de Vitry-sur-Seine, « Ici grand ouvert » porte désormais un titre à contretemps. L’exposition de SMITH, prévue jusqu’au 31 janvier 2027, reste fermée jusqu’à nouvel ordre après une forte tempête. Le musée continue d’accueillir le public, mais la vie construite autour de l’exposition doit désormais changer de forme.
La première conséquence est déjà visible dans l’agenda. Dimanche 6 septembre, les « Petites mues » sont annulées. Ces rendez-vous mensuels ne sont pas de simples visites guidées : le MAC VAL invite des personnalités proches du travail de SMITH, ses « Mystagogues », à poser leur propre regard sur l’exposition. Cette fois, l’historienne de la photographie Taous Dahmani, la conservatrice Julie Jones et l’historien de l’art Paul-Émile Pacheco devaient intervenir, en résonance avec le Bicentenaire de la photographie qui vient de débuter.
SMITH a conçu autour de « Ici grand ouvert » un programme intitulé « Désidération(s) », fait de rencontres, projections, performances, gestes et concerts. L’exposition elle-même mêle photographie, image animée, installation, sculpture et performance autour des transformations du corps, du vivant et de la perception.
Le MAC VAL tente désormais de faire vivre ce programme autrement. Pour les Journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre, il annonce le maintien intégral du programme, avec des visites et performances adaptées à la fermeture. Les « Grandes mues » restent prévues les deux après-midi. Samedi, elles doivent réunir notamment la musicienne Mélissa Laveaux, l’essayiste Laure Murat, le cosmologiste Jean-Philippe Uzan et Radio Levania. Dimanche sont annoncés l’historienne Zoë Dubus, le projet musical Queer As Us – Our Story, Pierre Et la Rose et, de nouveau, Radio Levania.
Les Journées du patrimoine 2026 sont justement placées sous le thème « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Le MAC VAL mentionne lui-même la fermeture de l’exposition dans la présentation de son programme et relie la situation aux catastrophes et urgences climatiques abordées cette année.
Les orages de la fin août avaient déjà laissé des arbres à terre et perturbé les transports dans le Val-de-Marne. À Vitry, leur trace est désormais aussi culturelle. Le 6 septembre, les trois « Mystagogues » ne pourront pas entrer dans « Ici grand ouvert ». Deux semaines plus tard, les « Grandes mues » devront trouver une autre manière d’exister.