
À l’école élémentaire Jean-Monnet de Fresnes, toute l’équipe enseignante a annoncé qu’elle serait en grève ce mardi 1er septembre. Les enseignants prévoient néanmoins d’être présents pour rencontrer les parents. À la veille de la rentrée, l’établissement comptait environ 350 élèves, 16 classes et 15 enfants disposant d’une notification pour un accompagnement humain.
Six de ces élèves doivent bénéficier d’une aide individuelle, neuf d’une aide mutualisée. Quatre AESH avaient été affectés à l’école. Selon le directeur Pascal Munsch, l’une était en congé maternité et une autre ne s’était pas présentée : deux restaient donc disponibles lundi. Il estime qu’il en faudrait huit pour répondre aux besoins et au moins quatre pour que l’école fonctionne correctement.
Ces chiffres montrent le décalage que peut produire l’organisation de l’école inclusive. La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, au sein de la MDPH, décide de l’aide humaine dont un enfant a besoin. Pour une aide individuelle, elle fixe aussi un nombre d’heures ; une aide mutualisée peut être répartie entre plusieurs élèves. Mais le recrutement des AESH relève ensuite de l’Éducation nationale. Une notification reconnaît donc un besoin, sans faire apparaître automatiquement la personne qui pourra y répondre.
À Fresnes, Jean-Monnet n’est pas un cas apparu durant l’été. Un recensement repris par le conseil municipal le 24 juin faisait état de 100 enfants notifiés dans les écoles maternelles et élémentaires de la commune : 53 pour une aide individuelle de 24 heures par semaine et 47 pour une aide mutualisée. La Ville estimait alors qu’il aurait fallu 48 postes d’AESH supplémentaires pendant l’année 2025-2026 pour couvrir intégralement les besoins recensés. Elle a demandé à l’académie un renfort dès cette rentrée.
Au 31 décembre 2025, le ministère recensait dans le Val-de-Marne 8 830 élèves disposant d’une notification d’accompagnement humain et 1 493 équivalents temps plein d’AESH.
Pour cette rentrée, le directeur académique du Val-de-Marne a par ailleurs annoncé 120 AESH recrutés en plus par rapport à l’année précédente, selon 94 Citoyens. Cela ne garantit pas que chaque école dispose, dès le premier jour, des personnes correspondant aux notifications de ses élèves. Les aides mutualisées, le nombre d’heures travaillées et les affectations empêchent d’ailleurs de convertir simplement le nombre d’AESH en un « taux de couverture ».
C’est précisément ce que rend visible Jean-Monnet. Le besoin d’accompagnement de quinze élèves a déjà été reconnu ; le problème se situe ensuite dans la capacité du système à transformer ces décisions en heures réellement assurées dans l’école. Au 31 août, l’arithmétique annoncée avenue de la Paix restait celle-ci : quatre AESH affectés, deux disponibles.
Sources consultées
- 94 CitoyensFresnes : l’école en grève le jour de la rentrée pour demander des assistants handicap
- Ville de FresnesVœu relatif à la situation des AESH dans les écoles du 1er degré dans la commune de Fresnes
- Ministère de l’Éducation nationale, réponse publiée au SénatManque d’accompagnants des élèves en situation de handicap à l’école Joliot-Curie de Champigny-sur-Marne
- Ministère de l’Éducation nationaleÊtre accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH)