
Le préfet du Val-de-Marne a autorisé le 3 août la transformation de l’usine d’eau potable Edmond-Pépin, à Choisy-le-Roi. L’arrêté donne au SEDIF le feu vert pour construire un hall de filtration membranaire d’environ 7 600 m², deux postes haute tension et leurs équipements associés. Il prévoit environ 49 mois de travaux.
Choisy produit en moyenne 304 millions de litres d’eau par jour pour 1,5 million d’habitants et peut monter à 600 millions. Sa transformation est chiffrée à 528 millions d’euros hors taxes, sur 1,07 milliard pour les trois grandes usines du SEDIF. La nouvelle étape combinera nanofiltration et osmose inverse basse pression afin d’éliminer davantage de micropolluants, dont des pesticides et PFAS, tout en réduisant fortement le calcaire.
Cette dépollution plus poussée augmente fortement les besoins électriques de l’usine. Selon l’étude d’impact examinée par l’Autorité environnementale, le projet ferait augmenter la consommation électrique annuelle de Choisy de 67 975 MWh, soit environ 120 % par rapport à 2023. Même rapportée au volume d’eau produit, la consommation passerait de 0,56 à 1,1 kWh par mètre cube. Deux nouvelles liaisons à 225 kV doivent donc raccorder l’usine au réseau électrique.
Retirer davantage de substances de l’eau implique aussi de gérer ce que les membranes retiennent et l’eau supplémentaire mobilisée par le procédé. L’arrêté du 3 août encadre précisément cette relation avec la Seine. En exploitation, l’usine pourra prélever au maximum 710 000 m³ d’eau brute par jour, avec un débit plafonné à 10,2 m³ par seconde. Elle devra maintenir en aval un débit minimal de 22 m³ par seconde, contrôlé chaque semaine à partir du stade d’alerte sécheresse.
Les effluents issus des membranes rejoindront l’émissaire n°3 de l’usine. Son rejet est plafonné à 102 500 m³ par jour et soumis à des limites notamment pour les matières en suspension, les sulfates, l’aluminium et l’EDTA. Les volumes prélevés et rejetés devront être suivis et les résultats d’autosurveillance transmis chaque trimestre à la police de l’eau.
Le choix de conserver et moderniser Choisy répond aussi à l’architecture particulière du réseau francilien. Les trois grandes usines du SEDIF s’appuient chacune sur une ressource différente, la Seine, la Marne et l’Oise, et peuvent se secourir mutuellement. Concentrer davantage la production sur une autre usine aurait réduit les travaux à Choisy, mais aussi cette capacité de secours.
Le financement du programme et ses conséquences possibles pour les usagers avaient déjà été examinés par La Clé Publique. L’arrêté permet désormais de voir plus précisément ce que 528 millions d’euros produiront à Choisy : non seulement des membranes, mais une nouvelle infrastructure électrique et un régime beaucoup plus encadré de prélèvements et de rejets.
La date exacte du premier chantier n’est pas fixée par l’arrêté. Le SEDIF continue d’afficher des études d’exécution et travaux entre 2027 et 2031, pour une mise en service en 2032. Avant le démarrage, il devra transmettre à la police de l’eau le calendrier détaillé du chantier. C’est ce calendrier qui fixera la date de début des travaux sur les 16 hectares de l’usine Edmond-Pépin.
Sources consultées
- Préfet du Val-de-Marne / DRIEATArrêté préfectoral n° 2026/DRIEAT/SPPE/125 portant autorisation environnementale de l’usine de Choisy-le-Roi
- SEDIFDossier d’autorisation environnementale de Choisy-le-Roi
- Autorité environnementale d’Île-de-FranceAvis sur le projet de filtration membranaire haute performance de Choisy-le-Roi
- SEDIFL’essentiel du projet de filtration membranaire haute performance