
Sous l’A4 à Joinville-le-Pont, on peut désormais jouer au basket, faire du parkour ou du BMX entre des piliers couverts de fresques, avec 9 000 jeunes arbres plantés à proximité. Le Spot occupe des terrains longtemps laissés sans usage après la construction du tronc commun A4/A86. La mini-forêt qui borde le site n’est qu’une partie de cette opération : réutiliser un foncier resté vacant après les travaux autoroutiers.
L’histoire remonte aux expropriations nécessaires à l’A4/A86. Environ 30 000 m² avaient été acquis par l’État dans le quartier de Polangis, puis laissés sans usage pendant des décennies. Joinville a obtenu d’en acheter une partie en 2017 et, en 2023, l’autorisation de les aménager. Les travaux du Spot ont commencé au printemps 2024. Le projet associe notamment 5 000 m² d’espaces sportifs en accès libre, environ 10 000 m² de fresques et plusieurs secteurs végétalisés. Le site a été inauguré en juin 2025.
Au lancement du chantier, la Ville estimait le Spot à 3,6 millions d’euros. En 2025, son programme d’investissement inscrivait encore 2,105 millions d’euros à financer pour achever l’opération : ce montant correspondait au financement restant prévu, et non à une enveloppe supplémentaire à ajouter aux 3,6 millions. Ces sommes couvrent l’ensemble de l’aménagement des délaissés, pas 9 000 arbres. Pour le projet de plantation de la forêt urbaine, le Département a retenu un montant de 68 514 euros et accordé jusqu’à 34 257 euros de subvention dans le cadre de son plan 50 000 arbres. La Métropole du Grand Paris participe également au financement.
La mini-forêt proprement dite occupe un peu plus de 3 000 m² le long de la rue Estienne-d’Orves. Plantée avec des écoliers, des associations et des habitants entre novembre 2024 et mars 2025, elle suit la méthode Miyawaki : de jeunes essences locales installées très densément, environ trois plants par mètre carré, sur un sol préparé et paillé.
La plantation n’en est qu’à son deuxième été et demande encore de l’entretien. En juin, la Ville constatait que les arbres avaient grandi mais organisait toujours leur désherbage avec trois habitants devenus « Gardiens de la Forêt » et des sessions collectives. Le protocole de Boomforest prévoit des arrosages lors des fortes chaleurs pendant les premières années et situe l’autonomie d’une plantation autour de trois ans.
Aucun bilan public ne donne encore, pour Joinville, le taux de mortalité des plants, les volumes d’eau utilisés ou un écart de température mesuré avec les espaces voisins. L’Agence régionale de la biodiversité d’Île-de-France souligne que les effets de rafraîchissement ou de biodiversité attribués aux micro-forêts restent insuffisamment démontrés.
Le résultat déjà observable est ailleurs. Un morceau de ville autrefois immobilisé par l’autoroute est redevenu accessible et utilisable. À Polangis, sous et autour de l’A4, le béton accueille maintenant terrains de sport, fresques et jeunes arbres. Ces derniers ont encore besoin qu’on vienne arracher les liserons à leurs pieds.
Sources consultées
- Ville de Joinville-le-PontLE SPOT : nature, art et sport
- Ville de Joinville-le-PontRapport d’orientation budgétaire 2025
- Département du Val-de-MarneCommission permanente du 9 septembre 2024, Plan 50 000 arbres
- Ville de Joinville-le-PontMag’Zine n°351, juin 2026
- BoomforestLa méthode Miyawaki en une page
- Agence régionale de la biodiversité Île-de-France / Plante & CitéMicro-forêts urbaines : des fonctions écologiques à évaluer