En 2026, quatre sites accueillent les baigneurs dans la Marne à Maisons-Alfort, Joinville-le-Pont, Champigny-sur-Marne et Saint-Maur-des-Fossés. Sur la Seine val-de-marnaise, aucun n’a encore ouvert. Pourtant, la carte publiée cet été par l’Atelier parisien d’urbanisme maintient six emplacements potentiels entre Ivry-sur-Seine et Villeneuve-Saint-Georges.
La différence tient à une réalité assez simple : rendre une rivière plus propre et ouvrir une baignade publique sont deux opérations différentes.
Le Département du Val-de-Marne a déjà consacré plus de 150 millions d’euros à l’amélioration de la qualité de la Seine et de la Marne, notamment pour corriger les mauvais branchements d’assainissement. À l’échelle francilienne, le Plan Baignade lancé dans la perspective des Jeux de Paris représente près de 1,3 milliard d’euros d’investissements. Ces travaux ont permis le retour de la baignade dans la Marne, dont La Clé Publique détaillait les ouvertures en juin.
Mais un site de baignade doit aussi trouver sa place parmi les autres usages du fleuve. L’étude de faisabilité publiée par l’Apur en 2024 le montre bien à Orly : environ 12 000 bateaux empruntaient chaque année ce secteur de Seine, où passent navigation commerciale et activités nautiques. Le site étudié se trouvait également à proximité d’une prise d’eau potable. À Villeneuve-Saint-Georges, deux emplacements potentiels présentaient encore des berges non accessibles ; à la confluence de l’Yerres, la qualité de l’eau mesurée dans l’étude restait insuffisante même par temps sec.
Les six points figurant encore sur la carte de 2026 ne sont donc pas six plages en attente d’un feu vert sanitaire. Ce sont des secteurs où une baignade reste envisageable, à condition de résoudre des problèmes différents selon les lieux : accès à l’eau, sécurité, navigation, qualité sanitaire ou coexistence avec d’autres équipements.
Le Plan climat de Grand-Orly Seine Bièvre, adopté en décembre 2025, prévoit d’accompagner le développement de baignades en Seine comme lieux de fraîcheur et de loisirs. Fin juin, sa nouvelle présidente, Méhadée Bernard, a de nouveau cité l’accès à l’eau et la baignade parmi les politiques d’adaptation du territoire.
Mais l’intercommunalité ne peut pas, seule, transformer un point orange en plage. Le choix d’un site, son aménagement, sa surveillance et son exploitation exigent qu’une commune ou une autre collectivité locale prenne la responsabilité du projet. À ce jour, aucun des six emplacements val-de-marnais n’est annoncé avec un budget, un calendrier d’ouverture et un maître d’ouvrage engagé.
Après les travaux d’assainissement, il reste donc à transformer une possibilité technique en projet local. D’Ivry-sur-Seine à Villeneuve-Saint-Georges, les six baignades possibles restent encore des points orange sur la carte.
Sources consultées
- Atelier parisien d’urbanismeSites de baignade en Seine, en Marne et dans les canaux, été 2026
- Atelier parisien d’urbanismeSites de baignade en héritage des Jeux olympiques et paralympiques Paris 2024
- Département du Val-de-MarneDossier de presse - Chantiers d’été 2024
- DRIEAT Île-de-FranceRéouverture des sites de baignade en Île-de-France : 8 sites ouverts pour la saison 2026
- Grand-Orly Seine BièvrePlan climat air énergie territorial