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École inclusive : 27 pôles annoncés, l’accueil reste à organiser

Le Val-de-Marne prépare 27 pôles pour aider plus tôt les élèves à besoins particuliers. Le dispositif est financé et cartographié, mais l’accueil des familles reste à organiser.

Illustration - École inclusive dans le Val-de-Marne

Vingt-sept pôles d’appui à la scolarité doivent être déployés dans le Val-de-Marne à la rentrée 2026. Ils promettent une première réponse aux difficultés d’un élève sans attendre nécessairement la reconnaissance d’un handicap par la MDPH. À moins d’un mois de la rentrée, leur architecture est arrêtée, mais l’accueil des familles reste à organiser.

Un parent pourra saisir directement le PAS, comme un enseignant ou un chef d’établissement. Le binôme formé par un coordonnateur de l’Éducation nationale et un éducateur spécialisé pourra proposer des aménagements pédagogiques, faire venir un professionnel pour observer la situation de l’élève en classe ou mobiliser ponctuellement des professionnels médico-sociaux. La famille conservera le droit de s’adresser directement à la MDPH pour obtenir la reconnaissance d’un handicap et des mesures durables de compensation.

Le changement porte donc moins sur la création d’un nouveau guichet que sur le moment où le système intervient. Aujourd’hui, les PIAL organisent surtout la répartition des AESH. Les PAS doivent reprendre cette fonction et y ajouter des réponses de premier niveau, en amont d’une éventuelle notification de la MDPH.

Le département sera couvert en deux temps : 27 PAS en septembre 2026, puis 31 autres en 2027. Les quatre secteurs prévus vont de Villiers-sur-Marne et Champigny au nord-est à Vitry-sur-Seine, Cachan et Fresnes à l’ouest, en passant par Créteil, Orly et Alfortville. Chaque pôle doit couvrir plusieurs écoles et établissements du second degré.

Pour une année complète, le volet médico-social de la première vague représente 2,78 millions d’euros. L’ARS prévoit 73 150 euros par PAS pour payer l’éducateur spécialisé et les frais de fonctionnement, auxquels s’ajoutent 200 000 euros pour chacune des quatre équipes mobiles partagées entre plusieurs pôles. Ce total ne comprend pas les salaires des 27 coordonnateurs de l’Éducation nationale.

Le 1er septembre marquera toutefois le début du déploiement, pas nécessairement l’ouverture de tous les pôles au public. L’appel de l’ARS prévoit à cette date la constitution des équipes et le recrutement des éducateurs, afin de former les binômes et de « préparer conjointement l’ouverture » des PAS. En juin et juillet, l’Apogei 94 et Langage & Intégration recrutaient encore des éducateurs pour ces nouvelles missions.

Le SNUDI-FO 94 affirme que les 27 postes de coordonnateurs ont été retirés de la dotation des écoles publiques. Le syndicat redoute aussi que le passage annoncé de 73 PIAL à 58 PAS élargisse les secteurs d’intervention des AESH. Les documents officiels publiés ne confirment pas le lien avancé avec les fermetures de classes.

Intervenir avant l’achèvement d’une procédure complète permet de mobiliser plus tôt des compétences spécialisées. Cela ne crée toutefois ni davantage d’AESH ni de places dans les établissements spécialisés.

Au 6 août, les documents publics donnent la carte des secteurs et la répartition des coordonnateurs, mais pas encore un annuaire permettant de saisir chacun des 27 pôles. Pour une famille de Vitry, Créteil ou Champigny, la réforme commencera réellement lorsqu’un lieu, un contact et un binôme pourront lui répondre.

Sources consultées
  1. DSDEN du Val-de-MarneImplantation des Pôles d’Appui à la Scolarité
  2. Agence régionale de santé Île-de-FranceAvis d’appel à candidatures pour la création d’EMASco et le portage de PAS dans le Val-de-Marne
  3. Ministère de l’Éducation nationaleDéploiement des pôles d’appui à la scolarité
  4. SNUDI-FO 94Pôles d’Appui à la Scolarité : compte rendu du groupe de travail du 26 mai 2026