
À Valenton, le toit du collège Samuel-Paty produit pour bien plus que ses salles de classe. Après avoir couvert une partie des besoins de l’établissement, son électricité solaire est partagée avec trois crèches, deux autres collèges et les parcs départementaux de la Plage-Bleue et de la Saussaie-Pidoux. À Villeneuve-le-Roi, une autre installation alimente aussi trois ouvrages d’assainissement.
Aucun câble privé ne relie ces équipements. Les panneaux injectent leur production dans le réseau public, où elle est comptabilisée puis attribuée aux bâtiments membres de l’opération. Chacun conserve un contrat avec son fournisseur pour les heures où le soleil ne suffit pas. Cette autoconsommation collective permet ainsi à une crèche, une PMI ou une pompe départementale de profiter d’une toiture solaire installée ailleurs.
Depuis 2021, le Département dit avoir posé 9 400 m² de panneaux sur douze collèges, quatre crèches, un centre de PMI et un immeuble administratif. Les installations ne suivent pas toutes le même modèle : certaines consomment sur place, celle du collège Liberté à Chevilly-Larue revend toute sa production, tandis que plusieurs centrales répartissent leurs surplus entre une dizaine d’équipements. Certaines attendent encore leur mise en service par Enedis.
Les centrales produisent déjà à une échelle mesurable. Le rapport départemental publié en février 2026 recensait onze installations en fonctionnement à la fin de 2025. Elles avaient fourni 923 MWh entre janvier et août 2025. Depuis leurs différentes mises en service, leur production cumulée atteignait alors 1 661 MWh. Trois installations livrées en 2025 représentaient 621 m², une puissance de 127 kWc et un investissement de 550 000 euros. Leur production attendue était de 120 MWh par an, pour une économie prévisionnelle de 8 000 euros.
Ce montage valorise des toitures déjà bâties et permet de mieux utiliser les surplus produits pendant les journées lumineuses, lorsque les collèges consomment parfois moins. En contrepartie, il ajoute des raccordements, une organisation juridique et un suivi précis des flux. Le Département étudie donc, site par site, la vente, l’autoconsommation simple ou le partage collectif, selon le bâtiment et les consommateurs disponibles autour de lui.
Le schéma adopté en 2022 visait, pour 2027, trente centrales actives sur le patrimoine existant et trente autres sur les constructions neuves ou entièrement rénovées. Le rapport 2025 fixe désormais un horizon de 15 GWh par an, soit 36 % de la consommation électrique des bâtiments départementaux.
Le nombre réellement actif pendant l’été 2026 demeure toutefois impossible à établir : la page actualisée en juillet compte dix-huit bâtiments équipés, mais signale encore plusieurs mises en service en attente et contredit le rapport annuel sur le statut du collège Albert-Camus. Il manque donc un bilan consolidé distinguant panneaux posés, centrales raccordées et boucles de partage opérationnelles.
Enedis recensait 1 945 opérations d’autoconsommation collective en France au 31 mars 2026, dont 43 % portées par des collectivités. Dans le Val-de-Marne, le soleil reçu sur un collège de Valenton peut ainsi contribuer aux besoins électriques d’une crèche, d’un parc ou d’un ouvrage d’assainissement.
Sources consultées
- Département du Val-de-MarneLe Département équipe ses bâtiments de panneaux photovoltaïques
- Département du Val-de-MarneRapport sur la situation en matière de développement durable 2025
- Département du Val-de-MarneSchéma directeur de la transition énergétique des bâtiments départementaux, plan d’actions 2022-2027
- EnedisTout savoir sur l’autoconsommation collective
- EnedisObservatoire de l’autoconsommation