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À Vincennes, la lutte contre les perturbateurs endocriniens passe par les marchés publics

La Ville transforme la prévention sanitaire en règles d’achat, de nettoyage et de contrôle dans les crèches et les écoles. Son surcoût exact reste inconnu.

Illustration - Biberon en verre dans une crèche

Vincennes ne peut pas interdire une molécule. La commune peut en revanche décider quels biberons, contenants ou produits d’entretien entrent chaque jour dans ses crèches, ses écoles et ses cantines. C’est par ce pouvoir d’achat discret qu’elle tente de réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens.

Cette politique a valu à la Ville un Trophée Santé-Environnement, remis le 2 juin par l’AMIF, l’ARS Île-de-France et l’Ademe. L’ARS fait état de 90 % de biberons en verre dans les crèches, de la suppression du plastique dans la restauration collective au profit de l’inox, du verre ou de la porcelaine, et de 50 % de produits de nettoyage écolabellisés.

Le prix est récent, mais la démarche remonte à 2019. Deux audits ont été menés dans une crèche et une école en 2021 puis en 2024. Depuis, leurs recommandations ont commencé à entrer dans le fonctionnement ordinaire des services municipaux.

En octobre 2025, la Ville a renouvelé son marché de produits d’entretien en augmentant le nombre de produits portant l’écolabel européen ou certifiés Ecocert. Le cahier des charges du marché de nettoyage prévoit également un rinçage supplémentaire des sols dans les établissements de petite enfance. Depuis janvier 2024, le contrôle du ménage dans les crèches, les écoles et les accueils de loisirs est passé d’une fois tous les dix jours à une fois par semaine. Des agents de trois crèches ont été formés en juin 2025, puis l’équipe chargée de superviser le ménage en septembre.

Les restaurants scolaires accueillent 86 % des élèves des écoles publiques de Vincennes. Le remplacement du plastique par l’inox, le verre ou la porcelaine concerne donc un service fréquenté par une large majorité des enfants du public. Dans les crèches, les écoles et les accueils de loisirs, l’action passe aussi par les produits retenus et la fréquence des contrôles.

Cette politique n’explique cependant qu’une partie de la hausse des frais de nettoyage. En 2024, ces dépenses ont augmenté de 202 000 euros, soit 23 %. La Ville attribue principalement cette progression au renouvellement du marché et à la hausse générale des tarifs. Les exigences propres à la lutte contre les perturbateurs endocriniens y ont aussi contribué, sans chiffrage séparé.

Les pourcentages de biberons en verre ou de produits écolabellisés mesurent les pratiques adoptées, pas la baisse réelle de l’exposition chimique. Ils montrent néanmoins ce qu’une mairie peut changer sans attendre une nouvelle réglementation nationale : le contenu d’un cahier des charges, le travail d’un prestataire et, chaque semaine, la manière de nettoyer le sol d’une crèche vincennoise.

Sources consultées
  1. Agence régionale de santé Île-de-FranceSanté-environnement : 6 collectivités récompensées des Trophées Santé-Environnement au Salon de l’AMIF 2026
  2. Ville de VincennesRapport de développement durable 2025 de la Ville de Vincennes
  3. Ville de VincennesCompte financier unique 2024 et affectation des résultats
  4. Ville de VincennesLe temps de restauration