
Le data center Orange de Chevilly-Larue doit rejoindre une nouvelle plateforme industrielle créée avec l’investisseur en infrastructures Morrison. Avec quatre autres centres situés à Aubervilliers, Chartres et Val-de-Reuil, les cinq installations totalisent aujourd’hui environ 40 MW de capacité. La coentreprise viserait 400 MW en France grâce à 3 milliards d’euros d’investissements.
Ce montant ne sera pas investi à Chevilly-Larue seul. Orange ne répartit entre les quatre campus ni les 400 MW, ni les 3 milliards, ni les futures constructions. La signature de l’accord définitif est attendue avant la fin de 2026, puis la réalisation de l’opération au premier trimestre 2027, après les consultations et autorisations requises. À ce stade, le seul changement local annoncé est l’apport prévu du campus à la future coentreprise, pas son extension.
Le campus Orange du 232, rue du Lieutenant-Petit-Leroy est une installation en activité. Une inspection menée en octobre 2025 y décrit un data center accompagné de ses équipements de refroidissement et de secours, dans la zone industrielle proche du marché de Rungis. Chevilly-Larue n’est donc pas seulement un nom glissé dans un communiqué national : la commune accueille déjà une installation industrielle du numérique.
Cette ambition nationale se heurte toutefois à une contrainte locale : chaque mégawatt doit être raccordé quelque part. En Île-de-France, RTE recense 6,5 GW de demandes de raccordement pour des data centers, presque autant que la puissance moyenne consommée par toute la région, autour de 7 GW. Ces demandes ne deviennent pas immédiatement de la consommation : les centres récemment raccordés n’utilisent encore, en moyenne, qu’un cinquième de la puissance demandée. Elles mobilisent néanmoins du réseau et peuvent nécessiter de nouveaux postes ou câbles.
L’annonce arrive aussi quelques jours après le renforcement des orientations franciliennes sur l’électricité, le foncier, l’eau et la chaleur produite par les data centers. Une future extension à Chevilly-Larue ne dépendrait donc pas seulement des capitaux réunis par Orange et Morrison. Elle devrait trouver sa place dans un territoire déjà dense et dans une file de raccordement électrique très chargée.
Le montage paraît adapté à l’ambition d’Orange : conserver l’exploitation et les clients tout en faisant entrer un investisseur capable de financer la croissance. Pour le Val-de-Marne, le bénéfice reste à établir. Aucun investissement, emploi ou mégawatt supplémentaire n’est encore attribué au campus. La prochaine information décisive ne sera pas un nouveau total national, mais un permis, un raccordement ou un montant attaché au site de Chevilly-Larue.
Sources consultées
- OrangeOrange et Morrison annoncent un projet de création de coentreprise de data centers pour renforcer la souveraineté numérique de l’Europe
- DRIEAT Île-de-France / GéorisquesRapport de l’inspection des installations classées, visite du 9 octobre 2025, établissement Orange à Chevilly-Larue
- RTELes data centers en chiffres clés
- La Clé PubliqueDatacenters : en Île-de-France, avoir un terrain ne suffit plus