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À Fresnes, l’État répare la prison sans décider de son avenir

À Fresnes, les travaux courants ne règlent ni la surpopulation carcérale ni l’avenir d’une prison occupée à 171 %.

Illustration de la prison de Fresnes

Le préfet du Val-de-Marne s’est rendu le 23 juillet au centre pénitentiaire de Fresnes. La publication officielle confirme le déplacement, sans annoncer de mesure nouvelle. Les recommandations d’urgence publiées trois semaines plus tôt font ressortir deux arbitrages décisifs : réduire la surpopulation et choisir l’avenir immobilier de la prison.

Lors du contrôle mené du 30 mars au 10 avril, la maison d’arrêt des hommes comptait 2 008 détenus et atteignait 171 % d’occupation. Parmi eux, 618 vivaient à trois dans des cellules de 9,8 m². Dix-huit pour cent des postes de surveillants étaient vacants, auxquels s’ajoutait un absentéisme supérieur à 10 %. Certains agents devaient gérer seuls plus de 300 détenus répartis sur plusieurs étages.

La direction de Fresnes ne maîtrise pourtant pas le nombre d’arrivées. Une maison d’arrêt doit accueillir les personnes placées sous écrou par l’autorité judiciaire, quel que soit l’espace disponible. Le ministère de la Justice énumère donc des leviers indirects : concertation avec les juridictions, examen anticipé de certaines réductions de peine, développement des aménagements de peine, du travail d’intérêt général et de la semi-liberté. Ces outils peuvent raccourcir certains séjours ou accélérer certaines sorties. Ils ne fixent pas de plafond à la population de Fresnes.

Le CGLPL demande pour cela un mécanisme contraignant inscrit dans la loi. Il va jusqu’à recommander qu’aucune nouvelle incarcération n’intervienne dans l’établissement en attendant une solution. La réponse du ministère ne reprend pas cette proposition. Elle décrit une gestion plus active des flux, pas un dispositif permettant à la prison de cesser d’accueillir lorsqu’elle est pleine.

L’administration prévoit de poursuivre les travaux dans les parloirs et sur le réseau électrique, sous réserve de crédits inscrits au programme 2027. Les installations électriques sont actuellement trop limitées pour équiper les cellules de réfrigérateurs.

Ces travaux répondent à des besoins immédiats, mais aucun projet chiffré de rénovation lourde ou de reconstruction n’est présenté. Le CGLPL constate qu’aucun schéma directeur immobilier n’a été établi, dix ans après ses précédentes recommandations d’urgence. Il demande désormais une stratégie claire « sans délai ».

La situation des soins révèle une autre dépendance. Seuls deux des neuf postes ouverts aux médecins hospitaliers étaient occupés lors du contrôle. Leur recrutement dépend du centre hospitalier et des autorités sanitaires ; le ministère de la Santé a seulement accusé réception des recommandations avant de les transmettre à ses services.

À Fresnes, l’État peut réparer, recruter, traiter les nuisibles et mieux organiser les mouvements. Ces mesures sont nécessaires, mais elles maintiennent un établissement saturé sans régler sa capacité ni sa vétusté. Après la visite préfectorale, l’arbitrage reste national : dire si Fresnes sera profondément rénovée ou reconstruite, avec quelles places, quel budget et quelle échéance.

Sources consultées
  1. Préfet du Val-de-MarnePublication du 23 juillet 2026 relative à la visite du centre pénitentiaire de Fresnes
  2. Contrôleur général des lieux de privation de libertéRecommandations en urgence relatives à la maison d’arrêt des hommes du centre pénitentiaire de Fresnes
  3. Journal officiel de la République françaiseRecommandations en urgence du 4 juin 2026 relatives à la maison d’arrêt des hommes du centre pénitentiaire de Fresnes
  4. Ministère de la JusticeObservations du garde des Sceaux sur les recommandations en urgence concernant Fresnes