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Rungis cherche des flux à Dunkerque pour ses terminaux ferroviaires

Le partenariat signé le 8 juillet ne crée pas encore de ligne de fret. Il doit étudier comment relier Dunkerque aux terminaux de Rungis, reconstruits pour 36,6 millions d’euros.

Illustration - Terminaux ferroviaires de Rungis

Le Marché international de Rungis et Dunkerque-Port ont signé le 8 juillet une convention pour créer un hub agro-logistique dans le port du Nord et étudier une liaison ferroviaire directe avec le Val-de-Marne. Aucun train n’est encore programmé, mais cette perspective coïncide avec une transformation bien réelle à Rungis : la reconstruction de ses terminaux ferroviaires.

Le chantier représente 36,6 millions d’euros hors taxes, dont 20 millions apportés par l’État et la Région, 14 millions par l’opérateur VIIA et 2,6 millions par la Semmaris, gestionnaire du MIN. Il comprend deux terminaux, au nord et au sud du marché, ainsi que le réaménagement du pont franchissant l’A86. Les nouvelles installations doivent permettre de transférer sur le train des conteneurs, des caisses mobiles et des semi-remorques, plutôt que de dépendre des anciens wagons frigorifiques.

Le calendrier adopté en 2024 prévoyait l’ouverture du terminal sud en décembre 2025 et celle du terminal nord en juillet 2026. En avril 2026, le ministre des Transports indiquait encore devant le Sénat que l’équipement était en construction. Aucune annonce officielle récente ne confirme pour l’instant sa mise en service complète.

Cette infrastructure explique l’intérêt de l’accord avec Dunkerque. Le futur hub portuaire doit réunir stockage, transformation et activités logistiques autour des produits alimentaires, à proximité des terminaux à conteneurs et transmanche. Les deux partenaires veulent également mieux coordonner les contrôles douaniers et phytosanitaires et attirer de nouvelles liaisons maritimes. Dunkerque pourrait concentrer des flux portuaires, tandis que Rungis apporterait le débouché commercial et les terminaux où décharger les trains.

En 2025, environ 1,7 million de tonnes de produits alimentaires ont transité par le MIN, où travaillent près de 1 200 entreprises. Une rupture ou un ralentissement en amont se répercute sur les grossistes, les marchés, les commerces et les restaurants franciliens. Après avoir travaillé avec l’INRAE sur la résilience des filières alimentaires, Rungis cherche ici à diversifier les routes physiques par lesquelles les marchandises lui parviennent.

Le précédent Perpignan-Rungis invite néanmoins à regarder les trains, pas seulement les rails. La liaison historique a cessé fin juin 2024. L’État voulait trouver une nouvelle solution une fois les travaux achevés, mais aucun candidat ne s’était présenté au 1er décembre 2024. Un service de fret alimentaire doit réunir assez de marchandises, circuler régulièrement et éviter les retours à vide pour devenir économiquement tenable.

La convention avec Dunkerque est cohérente avec les terminaux financés à Rungis, précisément conçus pour accueillir de nouvelles liaisons vers le nord de la France et l’Europe. Elle ne fournit toutefois encore ni volumes, ni opérateur, ni coût propre au hub, ni calendrier ferroviaire. À Rungis, le prochain jalon sera donc facile à reconnaître : des terminaux effectivement ouverts, un transporteur engagé et des trains inscrits à l’horaire.

Sources consultées
  1. Dunkerque-PortDunkerque-Port et le Marché International de Rungis s’associent pour créer un hub agro-logistique d’envergure européenne
  2. Région Île-de-FranceDélibération CP 2024-301 et convention relative au réaménagement des terminaux ferroviaires du MIN de Rungis
  3. SénatSéance du 16 avril 2026
  4. SEMMARISRapport de durabilité 2025
  5. SénatFermeture de la ligne de fret Rungis-Perpignan