
L’hôpital Henri-Mondor a inauguré le 9 juillet à Créteil un centre interventionnel et ambulatoire de 36 millions d’euros. Quatorze salles interventionnelles et 40 places d’hôpital de jour doivent permettre de réaliser près de 19 500 interventions par an, contre 14 800 auparavant. Cette hausse de plus de 30 % reste un objectif de fonctionnement, pas encore une activité constatée.
Le gain attendu repose d’abord sur des distances plus courtes à l’intérieur de l’hôpital. La cardiologie, la radiologie, la neuroradiologie interventionnelle et l’endoscopie digestive, auparavant réparties dans plusieurs secteurs, sont désormais réunies sur un même plateau. L’hôpital de jour devient leur point d’entrée commun, y compris pour les patients admis le matin même d’une intervention. Il se trouve à proximité immédiate du bloc opératoire, de la salle de réveil, de l’imagerie et des urgences. Jusqu’à 90 patients pourraient y être accueillis chaque jour.
Pour un patient, cette organisation vise à réduire les transferts entre étages et services. Le même secteur doit réunir l’admission, l’intervention et la surveillance avant le retour dans l’unité de jour. Les salles accueillent notamment des interventions réalisées par cathéter, par endoscopie ou sous guidage de l’imagerie, par exemple pour traiter certains accidents vasculaires cérébraux, troubles cardiaques ou cancers sans recourir à une chirurgie ouverte.
Mais 14 salles neuves ne suffiront pas à réaliser 4 700 interventions supplémentaires. Le centre rassemble 192 équivalents temps plein, dont 30 postes non médicaux et six postes médicaux nouvellement recrutés. Ces renforts doivent notamment permettre de développer les actes nécessitant une anesthésie générale. L’AP-HP ne détaille pas encore la part respective des nouvelles salles, des effectifs et de l’organisation quotidienne dans la hausse annoncée.
Le chantier s’inscrit dans une transformation plus large du site. L’ouverture en 2021 du bâtiment Reine, avec ses blocs opératoires et ses unités de soins critiques, avait libéré des surfaces dans la tour historique de Mondor. Le nouveau centre les réutilise au lieu d’ajouter un bâtiment autonome. Il occupe 6 880 m². Les 36 millions d’euros se répartissent entre 25 millions de travaux et 11 millions d’équipements.
Cette organisation accompagne une évolution nationale. En France, les hospitalisations sans nuitée sont devenues majoritaires en médecine, chirurgie et obstétrique : elles représentaient 52 % des séjours en 2024. La part de la chirurgie réalisée en ambulatoire est passée de 52 % en 2017 à 62 % en 2024. Dans ce modèle, la capacité d’un hôpital dépend moins du seul nombre de lits que de sa faculté à enchaîner les examens, les interventions, la surveillance et les sorties sans rupture entre services.
À Créteil, l’écart entre la capacité annoncée et l’activité réelle se mesurera dans les mois à venir. À l’entresol d’Henri-Mondor, la circulation quotidienne des patients et des équipes dira si les nouvelles salles permettent effectivement de réaliser près de 19 500 interventions par an.
Sources consultées
- Hôpitaux universitaires Henri-MondorInauguration du centre interventionnel et ambulatoire de l’hôpital Henri-Mondor AP-HP
- Hôpitaux universitaires Henri-MondorLe centre interventionnel et ambulatoire
- Hôpitaux universitaires Henri-MondorCentre interventionnel et ambulatoire, brochure de présentation
- Agence technique de l’information sur l’hospitalisationAnalyse de l’activité hospitalière 2024 – Médecine, chirurgie, obstétrique